Achat immobilier et transports : combien de temps êtes-vous prêt à mettre pour aller au travail ?

Immobilier
SONDAGE LOGIC-IMMO/LCI - Quel est le temps maximum de trajet domicile-travail envisagé par ceux qui cherchent à acheter un bien immobilier ? Comment les nouveaux enjeux de mobilité jouent-ils sur la demande actuelle ? Selon une enquête réalisée pour LCI dans le cadre de l'Observatoire du moral immobilier Logic-Immo, 62% des candidats à l'achat disent ne pas accepter plus de 30 minutes.

Excédés par les bouchons, les kilomètres à engranger ou les suffocations dans les rames de métro bondées ? Selon une étude* réalisée pour LCI par Logic-Immo dans le cadre de son Observatoire du moral immobilier, 62,4% des Français ayant le projet d'acheter un logement dans l'année ne se disent pas prêts en tout cas à accepter plus d'une demi-heure de trajet (soit une heure aller-retour) entre leur futur domicile et leur lieu de travail. 


Cette enquête que nous dévoilons ce vendredi 19 juillet indique également que 58,90% d'entre eux n'envisagent pas de s'installer dans un lieu ne présentant pas d'accès facilité aux transports publics tels que le bus, le métro ou le train notamment. "Le temps de trajet domicile-travail et l'accès aux transports en commun sont des éléments souvent cruciaux avant de se positionner sur un achat immobilier", explique Séverine Amate, porte-parole de cet Observatoire Logic-Immo.  

Des réticences que les professionnels du secteur rencontrent bel et bien auprès de leurs clients. La question du temps de trajet est en effet "très fréquemment évoquée par ceux qui cherchent à acheter en banlieue parisienne", confirme à LCI Eric Chatry, co-fondateur de Je rêve d'une maison, une société spécialisée dans la chasse d'appartements en Ile-de-France.


"La première couronne et notamment les communes situées sur des lignes rejoignant la gare parisienne de Saint-Lazare - qui présente l'avantage d'être à la fois centrale et bien connectée aux métros - est le choix numéro un de ceux qui souhaitent acheter une petite maison ou un appartement sympa tout en déboursant 3.000 euros de moins par mètre carré", explique-t-il, citant, parmi tant d'autres exemples, Asnières-sur-Seine, La Garenne-Colombes ou encore le quartier de Bécon à Courbevoie, tous dans les Hauts-de-Seine.  

A Paris, si on consent à un surcoût du prix/m², ce n'est pas pour accepter un long trajetÉric Chatry, co-fondateur de Je rêve d'une maison

A Paris même, en revanche, la présence du métro et de toutes les solutions de mobilité semble résoudre d'office le problème du temps de trajet "sauf dans certains coins des 19e ou 20e arrondissements, où il peut exister des trous de connexion. Mais globalement quand le client consent à payer le surcoût du prix au mètre carré de Paris intra-muros [9.700 euros/m² en moyenne au 1er juillet, selon MeilleursAgents, NDLR], il n'envisage pas d'avoir en plus à subir un long trajet", observe Éric Chatry. 


Car, sans nul doute, comme le souligne de son côté Séverine Amate, "les enjeux de la mobilité vont de pair avec la mécanique du logement et provoquent un impact sur la loi de l'offre et la demande. Si bien que pour guider les porteurs de projet dans leur recherche, SeLoger [qui appartient au même groupe que Logic-Immo, NDLR] propose d'effectuer des recherches par temps de trajet".

Il y a dix ans, on voulait habiter loin de tout, au calme, mais cette tendance s'est inversée Céline Sirgue, directrice d'une agence Era immobilier à Albi

A 700 km de là, dans le Sud-Ouest, le constat est le même : "Les questions de mobilité sont devenues primordiales dans le cadre d'un achat immobilier", assure à LCI Céline Sirgue, directrice d'une agence Era Immobilier à Albi, cette ville du Tarn de 50.000 habitants. Ses clients souhaitent désormais avoir "le moins de trajet possible et se trouver à proximité de leur lieu de travail, de l'école des enfants, du théâtre, de la banque, des commerces. Bref, près de toutes les premières nécessités".  


Rien à voir avec les exigences d'il y a dix ans  : "A l'époque, on voulait habiter à la campagne, loin de tout et au calme, dans une maison avec un grand terrain. Aujourd'hui, on vise le centre-ville et la proximité d'une gare ou d'un accès aux transports en commun. On n'a plus besoin d'un garage, ou alors pour stocker des appareils (réfrigérateur, lave-linge, par exemple) ou abriter son vélo. La voiture, qui sert de moins en moins, peut être stationnée dans la rue alors que, par le passé, lui trouver un habitat  apparaissait comme une priorité",  rappelle Céline Sirgue. 

Un temps de trajet plus long autour des grandes villes

Une nouvelle "tendance" qu'elle explique par "des raisons financières (coût de l'essence et du diesel) et écologiques avec le développement de la sensibilisation aux problèmes environnementaux (émissions de CO2 et de particules fines)". Résultat, le temps de trajet domicile-travail souhaité par ses clients tourne souvent autour de "5 à 6 minutes, dans l'idéal, au moins pour l'un des deux membres du couple", évalue-t-elle tout en se souvenant qu'à ses débuts, "il y a 20 ans, rouler 35 km à travers la campagne ou sur l'autoroute ne faisait pas peur".  


Au sein de la métropole parisienne, ces quelques minutes se transforment plutôt en "30 minutes de durée maximum de trajet souhaitée dans la capitale et 45 minutes en banlieue", rapporte de son côté Éric Chatry. Dans les faits, c'est en effet surtout autour des grandes villes que les habitants s'éternisent dans les transports. Des données publiques datant de 2014, indiquent ainsi qu'à Paris intra muros, le temps médian des trajets domicile-travail est de 19 min (la moitié y passe moins de 19 min, l'autre plus, selon cette méthode de calcul qui ne fait donc pas apparaître les extrêmes) pour une distance médiane de 2,9 km tandis qu'à Vincennes, c'est 41 minutes pour 8,8 km. Autres exemples : 13 min et 2,7 km pour Lille mais 30 min et 6,1 km à Wattignies ou encore 19 min et 3,5 km à Lyon mais 28 minutes et 9,19 km à Francheville.  A l'échelle de la France, les statistiques sont de 16 minutes pour 7,70  km... même s'il n'est pas rare que ce temps soit largement dépassé. 

*Enquête réalisée par Logic-Immo pour LCI, auprès de 3.164 personnes ayant un projet d'acquisition d'un logement dans les douze prochains mois et interrogées en mai 2019. Échantillon représentatif redressé à partir de données de cadrage Kantar TNS. Source : Observatoire du moral immobilier, TNS Sofres / Logic-Immo - groupe SeLoger. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter