Il entame l’ascension du Mont-Blanc avec son fils de moins de dix ans, la brigade blanche l’arrête à 2.300 mètres d’altitude

Insolite

GRIMPÉE - Un alpiniste russe qui projetait de gravir le Mont Blanc avec son fils de moins de dix ans a été stoppé dimanche matin par un agent de la commune de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie) au pied de la Voie normale.

"Si la neige est apparue, les hurluberlus n’ont pas disparu !" C’est par ce tweet, tout en ironie grinçante, que Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais-les-Bains, commune de Haute-Savoie située au pied de la voie normale, itinéraire le plus fréquenté pour gravir le Mont-Blanc, a révélé l’information, photo à l’appui : dimanche, un alpiniste russe et son jeune fils ((il aurait entre 7 et 9 ans selon Le Dauphiné Libéré), ont été interceptés sous la neige peu avant 11h par un contrôleur de la brigade blanche au niveau du Nid d'Aigle, à 2.300 mètres d'altitude, tandis qu’il s’apprêtait à s’élancer vers le massif , avec son rejeton, dans des conditions atmosphériques exécrables.

Un jaccuzzi gonflable, un chien et un rameur

Il a fallu près de deux heures à l'agent pour convaincre le père de famille, âgé d’une quarantaine d’années, de rebrousser chemin. "Il n’y a pas de réglementation en France qui interdise l’accès aux sommets à des nourrissons ou même à des femmes enceintes, a expliqué l’édile échaudé au quotidien régional. Mais il y a la notion de mise en danger de la vie d’autrui, même si elle est très subjective. Si le Russe avait poursuivi son ascension contre l’avis de la brigade blanche, le PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) aurait pu l’interpeller sur cette base au refuge de Tête rousse. À 7 ans, on n’a pas la même résistance qu’un adulte. Le gamin n’a probablement rien demandé." Précision : ledit alpiniste n’avait pas réservé de place dans un refuge au préalable, comme la loi l’y oblige pourtant désormais.

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Cet épisode est en fait le dernier d’une longue série, qui a vu tour à tour, ces derniers mois, un guide pieds nus, des touristes suisses avec un jacuzzi gonflable, un Allemand avec son chien (en pleine nuit) et un membre des Royal commando de l'armée britannique avec un appareil de musculation (abandonné à 4.300 m d’altitude), entamer l’ascension mythique du plus haut sommet français. "Trop c'est trop, le Mont-Blanc est devenu un jouet pour ces personnes. On ne sait plus quoi faire. Que va-t-on laisser aux générations futures comme milieu naturel et comme principe de respect ?", s’est encore interrogé le maire sur les ondes de France Bleu Pays de Savoie. Avant de conclure, non sans amertume : "Au Mont-Blanc, c'est devenu la chienlit."

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