Aux États-Unis, la guerre de la mayonnaise est lancée

Insolite
INSOLITE – Le géant américain de l'agroalimentaire Unilever a porté plainte mardi contre une start-up qui ne respecte pas la recette originale de la mayonnaise. Elle commercialise en effet une version végétalienne sans œufs.

Publicité mensongère et concurrence déloyale. C'est de ces maux qu'est accusée la start-up californienne Hampton Creek pour commercialiser de la mayonnaise sans œuf. La société Unliver, qui distribue la mayonnaise Hellman's aux USA et celle de Dijon Amora en France, a porté plainte mardi pour que cette version végétalienne "Just Mayo" abandonne cet intitulé trompeur.

Respect religieux de la recette exigé

Un substitut végétal composé d'une quinzaine de plante, dont des pois cassés jaunes, remplace l'ingrédient phare. Mais le géant de l'agroalimentaire veut du vrai jaune, d'une vraie poule élevée en batterie. Moutarde, huile, sel et œuf, aux États-Unis, on ne plaisante visiblement pas avec la recette de la mayonnaise. Une mayonnaise végé sans œuf ? Manquerait plus qu'on nous farcisse un burger light avec des graines !

Pour sa défense, Hampton Creek a défini son produit comme une sauce plutôt que comme une mayonnaise à proprement dit. Qu'à cela ne tienne, Unilever a carrément fait une étude marketing auprès des consommateurs. Ahh on l'aura pas comme ça, dis donc. À la question "associez-vous Just Mayo à de la mayonnaise", la majorité des sujets a répondu favorablement. Difficile qu'il en ait été autrement, sauf si le test avait été organisé au club des défenseurs de l'esprit contradictoire.

La mayo, un business très prisé

La mauvaise foi de la société se justifie par un business rôdé. Outre-Atlantique, le marché de la mayonnaise représente 1,6 milliard d'euros. Ce qui équivaut à pas mal de pots de mayo. Sauf que la version vegan s'est imposée sur les étales des épiceries Target ou Walmart, et reçoit les financements des milliardaires Bill Gates (Microsoft), Jerry Yang (Yahoo!) et Li Ka-Shing (Marionnaud). Ça à de quoi agacer.

Unilever réclame un dédommagement équivalent à trois fois les profits générés par Hampton Creek pour "la déception des consommateurs causée par cette fausse mayonnaise" qui "a causé des dommages irréparables à Unilever". En espérant qu'une vague de suicide ne soit pas à prévoir.

En attendant le jugement de la Cour suprême du New Jersey, une pétition soutenant les start-up harcelées par les géants économiques a été lancée.

 

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