Il nage dans l’eau glacée de l’Antarctique pour sauver la faune marine

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EXPLOIT – Pour protéger l’Antarctique et sa faune, Lewis Pugh, nageur britannique et militant pour la préservation de l’environnement marin, a nagé un kilomètre -soit 17 minutes et 30 secondes - dans l'eau à 0°C de la mer de Bellingshausen.

"Imaginez un vaste océan, loin de tout, inaccessible, aux confins du monde", décrit Lewis Pugh. C’est dans ce décor percé d’icebergs que le nageur dévoué à la cause environnementale a pris son premier bain de la saison le 13 décembre. Ce Britannique de 47 ans n’est pas fou. Il a nagé sur un kilomètre pendant 17 minutes et 30 secondes dans une eau à 0°C, par une température extérieure de 4°C pour aider à protéger l’Antarctique de la pêche à outrance.

Une zone protégée de la taille de l’Australie

En octobre 2016, Lewis Pugh a participé à la création de la plus grande zone marine protégée du monde (AMP) dans la mer de Ross, en Antarctique. Plus de 1,5 million de kilomètres carrés et 10.000 espèces aquatiques seront tenus à bonne distance de l’homme et de la pêche. Mais loin de s’arrêter là, le nageur de l’extrême a décidé de lancer une campagne, baptisée Antarctica 2020, pour étendre cette zone à 7 millions de kilomètres carrés d’ici trois ans, "à peu près la taille de l’Australie", compare-t-il sur son site.

Pour toucher le public, ce bain dans la mer glacée, qui aurait pu lui coûter la vie sans entraînement, n’est que le premier d’une longue série. "Non pas parce que j’aime le sensationnalisme, mais parce que ces séances de natation attirent l’attention", insiste cet adepte de la "speedo diplomacy", à savoir la sensibilisation grâce au sport. Pourtant, ces bains glacés n’ont rien d’une partie de plaisir. 

"J’ai commencé à croire que je ne survivrai peut-être pas à cette baignade."- Lewis Pugh, nageur militant

Il décrit ainsi sa dernière performance. "Je ne bougeais pas aussi vite que j’aurais dû. C’est devenu d’autant plus urgent quand ma langue s’est mise à geler un peu plus à chaque fois que je tournais ma tête pour respirer et quand je reprenais mon souffle après avoir avalé des gorgées d’eau. J’ai commencé à croire que je ne survivrai peut-être pas à cette baignade", raconte-t-il.  Les années précédentes, Lewis Pugh  avaot pourtant fait ses armes dans les eaux du pôle Nord et dans les lacs gelés de l’Himalaya. 

Pour son engagement, Lewis Pugh a d'ailleurs été sacré "Patron des océans" par les Nations Unies. Mais le plus dur reste à faire. Les zones marines protégées ne représentent aujourd’hui que 5% des étendues d’eau à la surface du globe. "Nous avons besoin de ces océans. Et pour la première fois de l’histoire, ils ont désormais besoin de nous", conclut le nageur.

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