La gare Saint-Lazare privatisée en club d'un soir

Insolite
REPORTAGE – Pour la première fois, la gare parisienne de Saint-Lazare a été privatisée pour accueillir un mini-festival électro. Près de 5000 personnes ont pu faire la fête dans ce cadre d’exception. On y était et on vous raconte.

Deux machines crachent une fumée blanche et épaisse dans l’entrée que seuls quelques néons bleus et rouges viennent éclairer. Au milieu de la brume, on distingue à peine les immenses piliers sur le chemin. De la musique électronique résonne en écho au milieu du brouhaha et des cris : "C’est dingueee", "Mais naaaaaan", "Ahhhhhhh" et j'en passe. 

 

Quand la brume s’estompe, c’est pour laisser place à un vaste hall surplombé par d’imposantes verrières. Non, il ne s’agit pas du décor de la dernière discothèque parisienne à la mode mais bel et bien d’un hall d’embarquement. Celui de la gare Saint-Lazare, à Paris. Ce samedi, le lieu avait été entièrement privatisé pour accueillir le mini-festival électro "Hors Série". Et le pari était ambitieux. Surprize, l’agence qui organise la soirée, disposait d’une heure pour installer deux scènes. Défi pas tout à fait réussi puisque les portes ont finalement ouvert avec près d’une heure de retard. "On a payé 40 euros ! Ils pourraient éviter de nous faire poireauter", s’impatiente un festivalier dans la file. 


C’est pas tous les jours qu’on peut faire la fête dans une gareLoïc, un clubber

A l’intérieur, les cris de joie ont pris le pas sur la déception. Le prochain train n’est prévu qu’à 10h, mais on croirait à un jour de grands départs. Voie 5, une trentaine de personnes fait la queue. Pas pour le TGV direction Le Havre… mais pour aller aux toilettes. Les voies, où quelques trains sont restés à quais, viennent côtoyer les toilettes donc, mais aussi l’espace fumeur, installé voie 7 ou un bar, planté voie 15. Entre les voies 22 et 25, les clubbers peuvent prendre un peu de repos dans des transats, face à la billetterie de la gare. Un décor étonnant qui ravit les quelques 5000 fêtards venus admirer les lieux et profiter de la musique. "C’est pas tous les jours qu’on peut faire la fête dans une gare", s’exalte Loïc, un clubber de 23 ans.

 

A l’origine de ce projet, un homme : Benjamin Huteau, le directeur de la gare de Saint-Lazare. Avec la société de production Surprize (Weather Festival), ils décident de transformer la salle des pas perdus et le hall des quais en dancefloors géants le temps d’une nuit. Le samedi 3 septembre est choisi, date où la gare était exceptionnellement fermée pour cause de travaux entre 22h et 9h du matin. L’occasion pour Surprize d’organiser un événement grandiose et pour la SNCF de "changer son image". "Les gares doivent aussi être des lieux de vie ", estime Benjamin Huteau.

 


Burger King ouvert toute la nuit

Répartis sur deux scènes, des pointures de la scène électro française se relaient toute la nuit aux platines. LB Labat, Cabanne, Neue Grafik, Spector, Mad Rey ou encore Jeremy Underground étaient de la partie. A côté de la plus petite des deux scènes, les lumières d’un des commerces de la galerie commerciale sont encore allumées, celles du Burger King. Le fast-food est resté ouvert toute la nuit, au plus grand plaisir des clubbers, venus nombreux acheter leurs burgers-frites. 

 

Les murs de la gare trembleront jusqu'à l'aube. A 7h, il est temps pour les clubbers de quitter les lieux et pour les organisateurs de ranger le matériel et nettoyer tout le bâtiment, le tout en deux heures seulement. Car à 9h, les habituels voyageurs réinvestissent la gare, comme si de rien n’était.


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