La question de la semaine : pourquoi la Terre n’est pas recouverte de cadavres

Insolite
JOURNEE DE LA TERRE – Notre bonne vieille planète ne serait pas ce qu’elle est sans ses habitants, humains comme animaux. Nous observons souvent la vie, présente depuis 4 milliards d’années. Mais comment se fait-il que, depuis tout ce temps, nous ne marchions pas sur les corps des êtres trépassés ?

Les faits
Le 22 avril, nous célébrons la journée mondiale de la Terre. Cette grande boule bleue à l’équilibre fragile aurait nourrit le balais incessant de la vie et de la mort pendant 4,1 milliards d’années, à en croire une étude récente . L’homme quant à lui squatterait la terre depuis près de 2,8 millions d’années, jusqu’à atteindre les 7,4 milliards d’individus. 

Mais ce n’est rien à côté des animaux. On estime aujourd’hui à près de 10 milliards le nombre d’espèces animales, sachant que 500 vers peuvent peupler un seul mètre carré de terre. Or tous ces êtres vivants pullulent, vivent et meurent. Comment se fait-il donc que nous ne croulions pas sous les corps inanimés, accumulés depuis tout ce temps ?

Pourquoi
⇒ La décomposition, une alliée morbide mais efficace
Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme, disait l’autre . Et cet adage est évidemment valable pour les cadavres. Si vous ne marchez pas sur des dépouilles (excusez la trivialité), c’est avant tout grâce au phénomène de décomposition des corps trépassés.

Les bactéries et les insectes - stars nécrophages de ce processus - ont certes des goûts morbides, mais aident les corps encombrants à se réduire en dévorant les chairs et ne laissant que les os.

 Les animaux retournent plus vite à la terre
Pour des raisons évidentes donc, la désintégration post-mortem de notre minuscule ami le ver (qui n’a pas d’os) ne dure qu’une poignée de jours. Et vous l’aurez remarqué : les vers morts ne sont pas légions. Mais pour ce qui est du corps humain, c’est une autre affaire.

Complexe et imposante, l’anatomie humaine peut mettre jusqu’à deux ans pour se décomposer, selon le lieu où gît le corps. Dans les zones humides, favorables à la prolifération des bactéries, la chair peut s’altérer en quelques mois seulement. En revanche, un lieu de conservation sec, comme le sable, va favoriser la momification.

⇒ 13 morts pour un vivant : peu de défunts sur Terre
Mais la putréfaction n’explique pas tout. Et de plus en plus de cimetières se disent saturés , la décomposition des corps humains étant de plus en plus longue (probablement parce que nous ingérons davantage d’antibactériens qui, par définition, font fuir les bactéries). Mais nos villes ne sont pas un remake de Walking Dead pour autant.

Pour comprendre, il faut s’astreindre à une petite gymnastique temporelle. Certes, l’être humain peuple la terre depuis près de 3 millions d’années. Mais il a fallu attendre l’an 1800 pour atteindre le premier milliard d’humain sur Terre (rappelons que nous sommes aujourd’hui 7,4 milliards).

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Jusqu’alors, notre espèce était loin d’inonder la planète. Depuis la naissance de l’humanité, le chercheur  Carl Haub  avait estimé en 2011 le nombre de personnes ayant vécu sur Terre à 107,6 milliards. Le site  FiveThirtyEight  avait donc tout simplement retranché la population de vivants actuels pour obtenir le nombre de morts sur Terre :  100,8 milliards  depuis que l'homme est né.

En faisant un le calcul, nous approchons donc de 13 morts (dont certains ont largement eu le temps de se décomposer) pour un vivant. De quoi être tranquille un moment avant de voir les cadavres tapisser nos rues.

 Conclusion
Face aux vivants, les morts sont 13 fois plus nombreux. Cependant, les défunts en question se décomposent pour la plupart depuis plusieurs centaines de milliers d’années. De quoi laisser un temps confortable aux petites bêtes nécrophages, chargée de la décomposition des corps, de grignoter les chairs.

Cependant, la population humaine s’accroît aujourd’hui de façon exponentielle ( 140 millions  de naissances par an), augmentant ainsi le nombre de décès ( 59 millions par an  en moyenne). Les cimetières se remplissent de plus en plus, risquant d’être saturés. Pour des raisons sanitaires notamment, la crémation se voit d'ailleurs davantage encouragée qu’auparavant.

LA QUESTION DE LA SEMAINE DERNIÈRE >>  Pourquoi les pigeons envahissent-ils les villes ?

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