Le fait divers du jour : violemment frappée pour avoir ouvert une boîte de thon dans le bus

Le fait divers du jour : violemment frappée pour avoir ouvert une boîte de thon dans le bus

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HAUT-DOUBS - La petite ville de Morteau a été le cadre d’un fait divers macabre vendredi 28 mars. Une jeune femme souffre de nombreuses blessures après qu’une bande d’adolescents l’a rageusement frappée en raison de l’odeur nauséabonde dégagée par son sandwich au thon.

** Attention, ceci était un poisson d'avril ! **

Bien connue pour sa saucisse, Morteau va-t-elle également bientôt être réputée pour ses hordes de jeunes à l’odorat fragile ? Telle est la question que l’on peut légitimement se poser en découvrant ce terrible fait divers, survenu samedi 29 mars peu avant midi sur la route en direction de Pontarlier.

Selon la gendarmerie, il était 11h20 quand Jocelyne Puyfaucher est montée dans le car interrégional. Elle fait ainsi chaque jour de la semaine le trajet de 30 kilomètres entre Morteau, où elle habite, et Pontarlier, où elle travaille en tant que secrétaire à mi-temps dans une agence d’intérim . Pour ne pas perdre de temps, et comme à son habitude, elle a entrepris de préparer son sandwich du midi, à savoir ce jour-là : du pain, du thon et quelques feuille de salade. Bien mal lui en a pris.

C’est à mi-chemin entre les deux communes que s'est produit une scène d'une violence inouie. Lorsque Jocelyne Puyfaucher, 27 ans, a ouvert sa boîte de thon à l’huile d’olive de marque distributeur "Thon de nos régions" , une odeur - nauséabonde il faut bien l'avouer - s’est dégagée dans l’ensemble du car, rempli seulement au tiers. Alors que la jeune femme avait pris place dans une des rangées du milieu, des voix ont commencé à se faire entendre depuis le fond du véhicule.

Des moqueries aux coups de pied à la tête

Un groupe de huit adolescents de 14 à 16 ans s’était installé au fond du bus, en route pour le lycée professionnel. Dérangés par l’odeur bien peu ragoûtante, ils ont commencé par siffler et crier avant de remonter les rangées pour venir à hauteur de la secrétaire. Là, ils s’en sont pris à elle et ont haussé le ton. D’abord des quolibets et des insultes, puis des gestes de plus en plus agressifs.

La scène a fini en lynchage, avec coups de pieds et gifles bien senties, d’une telle violence que la jeune femme a perdu connaissance. Ce n’est qu’une fois arrivé à Pontarlier que le chauffeur a réalisé le drame qui s’était déroulé. "J’écoutais Rires & Chansons, je ne me suis aperçu de rien", a affirmé, en sanglots, le chauffeur du car à metronews ( lire notre interview exclusive ). Les pompiers dépêchés en urgence sur place n’ont pu que constater les dégâts et emmener Jocelyne Puyfaucher aux urgences. Quelques heures plus tard, l’hôpital de Pontarlier a déclaré la jeune femme, fiancée depuis un mois et qui vient d’adopter un chaton dans la foulée, hors de danger. Mais, avec trois ongles retournés et un oeil au beurre noir, elle a bénéficié de 15 jours d'ITT (Incapacité Totale de Travail).

Une ligne de défense surprenante

"Elle ne voulait pas jeter sa boîte de thon par la fenêtre, je craignais qu’elle n’écaille aussi un oeuf dur pour compléter son sandwich", a déclaré, pour sa défense, le plus jeune de la bande aux gendarmes. Un autre adolescent a ajouté : "La semaine d’avant, c’était du maquereau au maïs, il fallait que ça cesse !". Il a par ailleurs souligné que ce n'était pas faute de l'avoir mise en garde quelques jours plus tôt. "Dans le Doubs, abstiens-toi" (sic), lui auraient lancé les jeunes. Tandis qu’une grand-mère, témoin de l’ensemble de la scène, a pris leur défense : "C’est vrai que ce sont des choses qui ne se font pas. La violence ne mène à rien. Mais du thon quand même… A l’huile d’olive en plus !"

Les huit ados ont été présentés samedi 29 mars en comparution immédiate devant le juge. Ils ont tous reconnu les faits mais demandent la clémence en raison des "assauts odoriférants" répétés de la jeune femme qui, chaque semaine, prenait semble-t-il un malin plaisir à faire sa popote dans le car vers Pontarlier. Le jugement sera rendu dans moins d’un mois mais les peines encourues, jusqu’à 5 mois de prison, pourraient s’alourdir d’une lourde amende. Le producteur de la marque "Thon de nos régions" ayant en effet décidé de porter plainte pour diffamation. "Il sent bon, mon poisson !", s’est exclamé le PDG, Gérard Filet, sur BFM TV lundi 31 mars. Les goûts et les couleurs…

Pour voir en exclusivité la vidéo du lynchage filmé par un des ados, cliquez ici

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