Le Havre : une femme en garde à vue après avoir déposé 93 plaintes farfelues cet été

Le Havre : une femme en garde à vue après avoir déposé 93 plaintes farfelues cet été

INSOLITE - Une habitante du quartier de Mont-Gaillard dans la ville du Havre, en Seine-Maritime, a été internée en hôpital psychiatrique le 2 septembre, après avoir passé 48 heures en garde à vue. Selon les autorités, elle avait déposé quelque 93 plaintes en un peu plus de deux mois.

Une expertise médicale devra déterminer ce qui l'a fait agir de la sorte. Le 29 août dernier, au Havre, une agence bancaire a déposé plainte contre l'une de ses clientes. En cause : la dite cliente avait, en l'espace de cinq petites heures, trouvé le moyen d'envoyer quelque 35 mails à une conseillère bancaire. Des messages "qui faisaient état de menaces caractérisées", explique une source judiciaire dimanche à Normandie-actu. La trentenaire menaçait même de faire sauter l'agence en raison d'un non remboursement de frais bancaires.

En réceptionnant la plainte par la banque, les services de police ont tout de suite fait le lien avec une résidente de la ville dans le collimateur des forces de l'ordre depuis quelque temps déjà. La jeune femme a en effet rempli entre le 25 juin et le 19 août 93 pré-plaintes, qui n'ont jamais été prises au sérieux compte tenu de leur objet.

Attaquer Charles Aznavour

Selon Normandie-actu, la  Havraise d'une trentaine d'années avait porté plainte à plusieurs reprises contre sa boulangère car elle ne lui faisait pas crédit, ou encore contre "ceux qui ne veulement pas [la] voir faire fu sport". Plus insolite, certaines plaintes ont été déposées contre "les dents jaunes et abîmées", "contre le foot et le judo", et même contre certains artistes et chansons français, précise la source judiciaire. Ainsi, elle a voulu attaquer Charles Aznavour, mais aussi le tube "C'était bien chez Laurette" de Michel Delpech. Son motif : "non, ce n'est pas bien chez Laurette", a-t-elle raconté aux enquêteurs lors de sa garde à vue.

Une garde à vue qui a duré 48 heures et qui a conduit le parquet à exiger une expertise psychiatrique de la jeune femme. Elle a été prise en charge le 2 septembre par l'hôpital Pierre-Janet. "L'encombrement numérique de nos services empêche la prise en compte de plaintes sérieuses et cela est répréhensible", a déploré une source policière devant cette affaire. L'intéressée de son côté s'est justifiée ainsi : "Je n'ai jamais rien dit dans ma vie, aujourd'hui, je dis tout".

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