"Moche", "à bannir totalement" mais "cool" : le phénomène des "claquettes-chaussettes" décrypté par des experts de la mode

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BRIGADE DU STYLE - La tendance des claquettes-chaussettes, sous l'impulsion d'un titre de rap, se répand telle une déferlante dans le lycée français depuis quelques semaines. Pour tenter de décoder ce phénomène, des pros de la mode nous livrent leur expertise.

"Même en claquettes, on est bien sappé" dit le morceau du rappeur Alrima (mis en ligne le 5 mai dernier sur YouTube et  comptabilise déjà 3 millions de vues) qui est à l'origine de cet engouement. Qu'ils soient expert en élégance masculine, styliste ou journaliste de mode, ils ont tenté de le vérifier pour LCI. 

Responsable de la communauté du site web Bonne Gueule.fr qui se charge non seulement d'habiller les hommes mais aussi de leur prodiguer des conseils, Nicolò Minchillo estime qu'il faut d'abord juger le phénomène des claquettes-chaussettes d'un point de vue "purement esthétique et social".


"C'est avant tout sur des constructions sociales que l'on forme notre avis. Plus elles sont anciennes et ont traversé l'épreuve du temps et plus elles sont intégrées comme du bon sens à nos yeux", évalue Nicolò Minchillo, qui considère donc le phénomène comme étant beaucoup trop récent. "Et de ce point de vue-là, on peut dire sans hésiter que, cette mode est moche. C'est assez évident", tranche l'expert en mode masculine.

Le come-back de la casquette Lacoste et son survêtement ?

"Mais si on s'intéresse à pourquoi est-ce que ça arrive malgré tout, il ne faut pas oublier que la mode (ndlr : dans son sens le plus large, qui inclut tout ce qui touche au vêtement) peut aussi avoir une dimension provocatrice (...) en choisissant volontairement ce qui est communément perçu comme de mauvais goût", poursuit cet homme raffiné.


La faute de goût, Soumaya Messabi, journaliste mode pour le magazine Question de femmes, la combat justement avec virulence. "Chaque été, on a droit à des mouvances. Mais va-t-on ressortir pour autant la casquette Lacoste associée à son survêtement (ndlr : en vogue dans les années 90)", s'interroge la jeune femme qui proclame que cette expérience mode est  "à bannir totalement".

Alors, quel look faut-il adopter pour ne pas être hors-jeu? "Je propose les sempiternelles Vans ou tennis simples avec un jean brut bien coupé et un tee-shirt blanc, la panoplie pour ne pas se tromper" suggère la modeuse.


Selon Margaux Hervy, assisstante styliste pour Version Femina, c'est plutôt sur l'originalité qu'il faut miser. "L'exemple à suivre pour une femme, c'est de mettre des sandales ouvertes dorées avec des chaussettes fines transparentes" conseille-t-elle, soulignant que l'association des claquettes de couleur sombre avec des socquettes blanches n'étaient pas vraiment élaborée.

La marque de distinction de ceux qui sont au-dessus de la masseNicolò Minchillo

Le phénomène du port des claquettes-chaussettes n'est pas près de s'essouffler. À en croire Nicolò Minchillo, les porter est une marque de "rébellion ultime, de distinction de ceux qui sont au-dessus de la masse et des contraintes imposées. Le fait que la personne lambda, ou moi-même, les critiquions, ne fait qu'alimenter ce statut" argue Nicolò Minchillo .


"C'est justement parce que c'est si moche qu'il est amusant, courageux, et rebelle de le faire. C'est du second degré, et le second degré, c'est cool", conclut l'expert.

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