Nous avons rencontré Hécate, sorcière du 21e siècle

Nous avons rencontré Hécate, sorcière du 21e siècle

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RENCONTRE – Hécate a 65 ans et porte pourtant le titre de "plus vieille sorcière de France" depuis le décès de son aînée en septembre. LCI l’a rencontrée pour comprendre en quoi consiste la sorcellerie de nos jours.

Dans "l’antre" d’Hécate, la nouvelle doyenne des sorcières de France, pas de balais, pas de chaudron. Et pas de chapeau pointu non plus. Dans une lumière jaune tamisée, parfumée d’encens à la vanille, les tableaux anciens regardent des statuettes hindoues, de bouddha, près de masques africains et autre épée. Son "cabinet", niché dans le XVIe arrondissement de Paris, est à l’image de notre hôte. Chaleureux. Mystérieux. Hétéroclite. 


Qu’est-ce qu’une sorcière ? "Dans les temps anciens, elle faisait office de médecin. Elle avait la bonne potion. On lui racontait ses petits secrets", nous explique cette brune aux yeux sombres de 65 ans. "Aujourd’hui, c’est une personne qui sort du lot, qui est capable d’aider les autres dans des situations un peu... scabreuses", poursuit-elle de sa voix douce et enjouée. 

"Se servir de la nature."Sorcière Hécate

Se venger, attirer l’être aimé, écarter la concurrence professionnelle… "J’entends tout",  raconte Hécate, après 35 ans de carrière. "Chez moi les gens se livrent". Si bien que la sorcière ne dit jamais non à un premier rendez-vous. Son mantra : "Écouter, faire parler, ne pas juger". Même lorsqu’un "consultant" - la personne qui la sollicite -  vient "demander la mort de quelqu’un", elle ne refuse pas. "Il y a toujours un moyen de raisonner les gens, en proposant à la place d’apporter malheur à la personne ou de lui rendre la pareille."

Comment procède-t-on ? Si Hécate accepte de prendre en charge le consultant à l’issue d’un premier entretien – elle refuse près de la moitié des demandes de suivi – elle s’attaque à ses "travaux", moyennant 80 euros pour l’entretien préliminaire et 3000 euros pour le suivi. Le principe : "se servir de la nature", des "courants naturels d’énergie" pour obtenir ce qu’elle veut. Pour chaque cas, la sorcière consacre près de deux heures par nuit (car le "subconscient des gens est plus ouvert quand ils dorment"), depuis son cabinet. Et ce pendant trois mois minimum. 

Grimoire, autel et poupées de cire

Côté accessoires : la tenue traditionnelle est un tabard, "c’est une sorte de poncho, comme une robe, nouée avec une corde". Sur son autel, une petite table tournée vers l’Est (qui indique le positif), les quatre éléments sont représentés : de l’encens pour le feu, une coupe de terre, une autre d’eau et des bougies pour l’air. Selon le rituel, la sorcière peut utiliser des poupées de cire, une épée, un poignard ou encore une baguette magique, "qui n’a rien de magique".

Quelques potions ? "Exercice illégal de la médecine", tranche-t-elle. Des sacrifices ? Encore moins pour cette fervente protectrice des animaux, qui préfère piquer son propre doigt lorsqu’elle a besoin de sang. Pendant le rituel, la sorcière lit les incantations de son grimoire, traduites en français, ou au mieux en "latin de cuisine", sourit-elle.

Dix ans de formation en sorcellerie

Mais attention, Hécate a horreur du mot "pouvoir". Elle insiste : "Je n’ai pas et je n’aurai jamais de pouvoir. J’ai un savoir dont je me sers pour aider les autres." D’une manière générale, le "folklore" des sectes l’irritent, sans parler des "des messes dans les cimetières avec des voyous et des drogués" qui lui ont valu une belle cicatrice de poignard à l’avant-bras quand elle s'y est essayé avant de trouver sa voie. Même agacement pour "les sorcières 2.0 qui passent par des écoles à la Harry Potter". Pour elle, la formation a duré 10 ans, en passant par trois maîtres.

Mais la question demeure, la sorcellerie est-elle efficace ? "À peu près 10% des gens sont complétement imperméables à la magie", confie Hécate. D’autres au contraire sont extrêmement réceptifs, en fonction du signe astrologique notamment. "Les Scorpions, ça marche à tous les coups", s’amuse la sorcière, qui assure le suivi de ses consultants pendant au moins un an. Sachant qu'elle ne "traite" pas plus de six clients simultanément. Pour elle, pas de miracle. "On ne vient pas chez moi pour trouver des réponses, on vient chez moi pour essayer", dit-elle pragmatique.

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