Qui se cache derrière les mystérieux tags 'Jésus sauve' ?

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À LA LOUPE - 'Jésus sauve !' Depuis plusieurs mois, des graffitis mystiques apparaissent sur les murs de Paris et dans toute la région Ile-de-France. Des tags qui, par leur profusion et leur message cryptique, intriguent. Qui en est l'auteur ? Nous avons mené l'enquête.

Lecteurs franciliens, vous avez forcément été confrontés à cette énigme street-artistique. Apparu, selon nos recherches, pour la première fois en novembre 2018 à Paris, le mystérieux message 'Jésus sauve' se retrouve régulièrement tagué sur les murs de la capitale et de sa banlieue. Qui se cache derrière cette formule ? Nous avons mené notre petite enquête.

La piste religieuse

Dès l'apparition des tags 'Jésus sauve', les regards se sont tournés vers les communautés évangéliques, particulièrement promptes à afficher leur fierté religieuse. Au point de mettre une place une brigade secrète de messagers ? Car parmi les personnes qui partagent les graffitis sur leurs réseaux sociaux, certains accompagnent leurs photos de messages religieux.   

Contacté par LCI, Romain Choisnet, directeur de la communication du Conseil national des évangéliques de France, avoue ne pas connaître l'origine des tags en question. "J'ai suivi d'un œil amusé la multiplication des tags 'Jésus sauve' à Paris. Mais, malgré mes questions à droite ou à gauche, je n'ai eu aucune info au sujet de l'auteur ou de quel milieu ou confession il est issu." Dès l'apparition des tags en novembre, le vice-président du mouvement évangélique Jeunesse Pour Christ France, avait également nié l'implication de son organisation. 

On ne se situerait donc pas dans le cadre de revendications christiques, popularisées sur les murs du monde entier par des mouvements de graffeurs prêcheurs, tel le collectif international Gospel Graffiti Crew, qui a pour l'objectif "la diffusion de l’Évangile de Jésus-Christ à travers l’art du graffiti."

La piste religieuse écartée, les messages 'Jésus sauve' seraient donc l'oeuvre d'un simple graffeur, sans revendications particulières. Nous nous sommes naturellement tournés vers le monde - très fermé - du street-art.

"Ce n'est pas un mouvement engagé ou une revendication. C'est plutôt un délire de graffeur," nous confirme un street artist. Plusieurs sources confirment qu'il s'agit bien d'une seule personne, connue et respectée dans le milieu. Un tagueur qui écrit ces 'Jésus sauve' en plus de ses créations habituelles. "Il a dû faire ça la première fois pour rigoler et a sans doute été surpris par l'ampleur phénomène avec Instragam, Twitter. C'est pour ça qu'il a continué", nous lâche-t-on. 

Loin d'être un "toy"

Pour autant, le style très naïf des premiers 'Jésus sauve' a laissé circonspects les professionnels du milieu. S'agissait-il d'un "toy", c'est-à-dire, dans le monde des graffeurs, une personne sans talent qui s'improvise street artist ? Pas vraiment. Comme nous l'a confirmé un vendeur de matériel de street art : "Il y a clairement une maîtrise dans les tags. La piste du débutant est donc plutôt à écarter." 

D'autant que le mode opératoire relève d'un artiste aguerri. Les messages apparaissent dans de nombreux endroits de la capitale et dans les villes avoisinantes, le tout dans un laps de temps relativement court. Il y en a même sur le périphérique, et désormais, sur de grands murs difficiles d'accès. "Le but des graffeurs est d'occuper le maximum de territoire avec leurs tags, nous explique-t-on. Plus les endroits tagués seront difficiles d'accès, plus ils seront respectés." Une sorte de prime à l'audace qui explique que les 'Jésus sauve' les plus récents sont plus grands et ont été plus complexes à dessiner.

Une autre piste semble intéressante : celle de l'avocat. En effet, dans le milieu tout le monde connaît Maître Jean-François Jésus, qui a été amené à défendre des tagueurs depuis une dizaine d'années. 'Jésus sauve' serait-il une forme d'hommage ? Contacté, Me Jésus nous répond, que s'il trouve "cette hypothèse très poétique", il n'a malheureusement pas plus d'informations à communiquer sur le sujet.  

Enfin, un de nos lecteurs, nous a suggéré que le mystérieux tagueurs fait peut-être référence au slogan en anglais 'Jesus saves' qui marque les points de sauvegarde dans le célèbre jeux vidéo GTA 2. Aurions-nous alors affaire à un graffeur geek ? Cette piste semble écartée par nos sources. 

Au-delà de ces éléments de compréhension, nous n'avons pas réussi à entrer en contact avec le ou les auteurs des tags incessants. "Le graff est un milieu très fermé et très secret. Nous utilisons tous des pseudo. Personne ne se connait pas sous nos vrais noms," nous rappelle un graffeur. Du coup, on lance ici une bouteille à la mer : si vous êtes le tagueur mystérieux, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse suivante : alaloupe@tf1.fr. 

Vous souhaitez réagir à cet article, nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse alaloupe@tf1.fr.

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