"Fatberg" : le bouchon de graisse géant des égouts de Londres pourrait finir... au musée !

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(IG)NOBLE – Un musée de Londres vient de se positionner pour acquérir un morceau des 130 tonnes du "fatberg", cet amas colossal de graisse et de détritus bouchant les égouts de la capitale britannique. Objectif : attirer l’attention sur la façon de vivre en ville à l’époque moderne.

"Un objet d’histoire." Voilà comment Alex Werner, conservateur en chef du musée de Londres, considère le "fatberg", cet amas colossal de 130 tonnes et 250 mètres de long, composé de graisse et de détritus en tout genre, qui bouche les égouts du quartier de Whitechapel, dans l’est de la capitale britannique. Vantant la portée pédagogique et, donc, historique du "monstre", le responsable du musée souhaiterait, selon The Guardian, pouvoir en récupérer un morceau. Une façon, estime-t-il, d’attirer l’attention et de raconter la manière de vivre en ville à l’époque moderne.


"Il (le "fatberg", ndlr) nous parle de la dégradation des infrastructures londoniennes, alors même que nous sommes à un moment de transition entre les époques", explique Alex Werner dans les colonnes du quotidien. "Le système des égouts date du XIXe siècle et peine à s’adapter au nombre d’immeubles de grande taille et à l’augmentation de la population. Dans cinquante ans, il sera peut-être vu comme un objet d’histoire lorsque nous aurons solutionné ces problèmes."

Une odeur pestilentielle

Les équipes du musée cherchent à présent à savoir comment elles pourraient réussir à conserver un bout du "fatberg", sans indisposer, visuellement mais surtout olfactivement, les futurs visiteurs. "Notre défi est trouver un moyen de le rendre présentable au public, de le stocker et de le montrer", poursuit Alex Werner, reconnaissant, pour s’en être approché, que l’odeur de l’amas est "horrible" et "piquante". Il ajoute : "Nous devons mettre la main sur une sorte de fluide dans lequel nous pourrons le maintenir intact pendant une longue période. Il nous reste encore quelques recherches à faire."

Découvert récemment par des employés de la Thames Water, la compagnie londonienne des eaux auprès de qui Alex Werner a manifesté son intérêt, le "fatberg" est le résultat de l’accumulation de déchets non-dégradables jetés dans les canalisations par les Londoniens au fil des années. Constitué majoritairement de couches-culottes, de serviettes hygiéniques, de préservatifs ou encore de cotons-tiges, agglomérés par des graisses, le bouchon, l’un des plus gros jamais trouvés dans les égouts de la capitale, pourrait mettre plusieurs semaines avant d’être totalement évacué. Avant, aussi, de devenir un authentique "objet d'histoire". 

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