Tendance : le moche s'arrache

Tendance : le moche s'arrache

C'est une tendance qui peut se décliner, quel que soit le secteur. Fini la dictature du beau, bien trop conventionnel, le moche revient en force. Une rébellion revendiquée par tout un courant de pensée.

Une esthétique plutôt clivant revient en force ces derniers mois dans les vêtements, les coupes de cheveux et la décoration. Alors serions-nous fatigués par le bon goût ? "Marre en fait de porter des talons, de me teindre les cheveux, de m'épiler, de faire du sport, de montrer que je suis musclée, que je réussis, que je porte des matières chères", répond Alice Pfeiffer, journaliste de mode et auteure de "Le goût du moche" aux éditions Flammarion.

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Pourtant, dans son placard, "j'ai plein des trucs un peu affreux", se confie-t-elle. Son combat est de réhabiliter le kitch, le ringard et le clinquant. Et d'après elle, la révolution serait en marche. "C'est aussi quelque chose qu'on découvre dans la mode et dans la haute couture. On va découvrir des robes dites d'un vert couleur vomies et c'est le vrai nom de la couleur. Des pulls de Noël avec des tricotés hyper kitch", affirme-t-elle.

Se moquer du bon goût pour affirmer sa personnalité et se différencier. La tendance se développe surtout chez les moins de 25 ans grâce aux réseaux sociaux et à ses influenceurs. Natoo est suivie en ligne par 5 millions d'abonnés. Aujourd'hui, elle rencontre cette marque de sabots en plastique dont elle est fan. Certes, leur allure ne plaît pas à tout le monde pourtant l'an dernier, la marque a vendu 69 millions de paires dans le monde. "Les consommateurs ont développé deux comportements qui étaient déjà naissants avant l'épidémie. Le premier, c'est un besoin de confort. Et le deuxième, cette envie d'exprimer leur individualité", explique Yann Le Bozec, directeur marketing chez Crocs Europe.

Provoquer, déstabiliser, nous faire questionner sur ce qui est beau ou ce qui ne l'est pas. C'est tout le travail de cet artiste, Frédérique Morrel, que nous rencontrons dans son appartement. "Ce qui m'a fait connu, c'est ce travail sur la tapisserie populaire", dit-elle. Mais son travail est loin d'avoir toujours fait l'unanimité. Mais au début des années 2 000, tout change pour l'artiste. Le designer Philippe Starck et le couturier Paul Smith achètent ses œuvres, et presque aussitôt "les commandes affluent, tout repart", se confie-t-elle. Aujourd'hui, Frédérique Morrel a un nouveau champ d'expérimentation. Elle s'intéresse aux poubelles et à la pourriture, comme ce rat en plastique recouvert de peau de banane et d'aubergines.

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