100 disparus au large des côtes libyennes : des survivants racontent l'enfer

HORREUR – Un canot pneumatique transportant près de 120 migrants a sombré aux larges des côtes libyennes ce vendredi 29 juin. Seuls 16 personnes ont pu être secourues, ces survivants racontent l'horreur à laquelle ils ont été confrontés.

"Qui sauver en premier, mères ou enfants? Au final j'ai choisi de sauver ma vie!", se lamente, Amri Swileh, visiblement secoué. Ce jeune Yéménite de 26 ans fait partie des 16 rescapés du naufrage d'un bateau pneumatique transportant plus d'une centaine de migrants au large de la Libye. L'embarcation a coulé  vendredi moins d'une heure après son départ.


Les passeurs "nous ont dit que nous allions être 20 sur un bateau de 8 mètres" de long. "J'ai été surpris quand j'ai vu l'embarcation. Elle était pleine (...) il y avait autour de moi 120 personnes", rapporte le jeune homme à nos confrères de l'AFP. Face à la foule, il refuse dans un premier temps de monter à bord. Les passeurs "m'ont frappé et m'ont dit: 'si tu ne montes pas, nous allons tirer sur toi', raconte Amri, en montrant ses bras couverts d'hématomes. Venu en Libye via le Soudan, il s'exécute et prend le large à l'aube.

Notre bateau a explosé. Tout a explosé. Plusieurs personnes ont été brûlées vives."Bakari Badi, l'un des survivants

Un autre rescapé, Bakari Badi, explique à l'AFP que l'embarcation était tellement pleine qu'un Marocain est tombé dans l'eau dès le début de la traversée, "avant d'être remonté à bord". Plusieurs personnes ont demandé au capitaine de revenir en Libye, vu le danger. "Mais peu de temps après, notre moteur a explosé". rapporte le Gambien de 32 ans. "Notre bateau a explosé. Tout a explosé", ajoute-t-il.  "Plusieurs personnes ont été brûlées vives."

Le canot pneumatique a rapidement coulé, entraînant avec lui la centaine de passagers. "J'ai vu un petit bébé... beaucoup de gens tombaient dans l'eau. J'ai perdu tous mes amis", dit Bakari d'une voix éraillée. "Il y avait des Gambiens, des Syriens, des Soudanais, des Yéménites, des Marocains avec beaucoup de petits bébés et des femmes." "J'ai perdu tous mes amis yéménites qui étaient avec moi", ajoute Bakari effondré.  

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Kobrem lui, n'a que 17 ans. Installé en Libye depuis 2015, ce Soudanais a choisi de traverser la Méditerranée dans l'espoir d'un "avenir meilleur" en Europe. Il affirme avoir payé les passeurs autour de 400 dollars.  "Moi je me suis accroché durant deux heures à une corde attachée à ce qui restait de l'embarcation", jusqu'à l'arrivée des secours. "Chaque rescapé s'est accroché à quelque chose, des bidons vides pour la plupart." "J'ai vu des gens morts, des bébés, des enfants, des femmes, des hommes". Trois nourrissons, tous morts noyés, ont été ramenés sur terre par les survivants. Kobrem espère pouvoir effacer cet épisode tragique de sa mémoire :  "Je ne veux plus me rappeler ce qui s'est passé".

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