11-Septembre : 20 ans après, les vétérans d'Afghanistan s’interrogent sur le sens de leur sacrifice

11-Septembre : 20 ans après, les vétérans d'Afghanistan s’interrogent sur le sens de leur sacrifice

ARMÉE – Les attentats du 11-Septembre ont été suivis d'une guerre de 20 ans en Afghanistan. Deux décennies plus tard, alors que le retrait des forces militaires a pris fin, les vétérans font un bilan amer de ce conflit qui les a meurtris dans leur chair.

Pour la première fois depuis les attentats du 11-Septembre qui ont déclenché la guerre en Afghanistan, tous les "boys", surnoms donnés aux soldats américains, seront à la maison pour célébrer cette commémoration. 

Si le temps est au recueillement, certains vétérans, marqués psychiquement et physiquement par ce conflit, tout comme les familles de ceux qui ne reviendront pas, s’interrogent sur ce long engagement des États-Unis dans ce pays. Pour les parents de leur fils Keith, mort en Afghanistan, la douleur est toujours vive. "20 ans de guerre pour quoi ? Pour rien", assure le père, souffrant que le sacrifice de son enfant ait été vain.

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C'est un joli cadeau pour les 20 ans du 11-Septembre d’en finir avec cette guerre stupide- Dan Berschinski, vétéran de la guerre en Afghanistan

Pourtant, partout aux États-Unis, les vétérans bénéficient d’un grand soutien de la part de la population. Ils sont notamment célébrés lors des rencontres sportives, sont prioritaires dans les transports et bénéficient de réductions dans de nombreuses enseignes... Mais il en faudra probablement plus pour soutenir les 980.000 soldats envoyés pendant les vingt ans de guerre en Afghanistan. 

"Je suis bien content de ne plus porter cet uniforme", assure ainsi le vétéran Erik Edstrom. Alors qu'il avait toujours voulu s'engager dans l'armée, il tient depuis son retour de mission un discours quasi anti-militariste. "Je trouve hypocrite et vain de célébrer ces anciens combattants alors que personne ne s’était intéressé à ce qu’ils étaient partis faire. Et ça, c’est pas du patriotisme, ça revient plutôt à trahir nos soldats", souligne-t-il, sévère. 

"On peut dire que c’est un joli cadeau pour les 20 ans du 11 septembre d’en finir avec cette guerre stupide", observe à son tour Dan Berschinski. S’il est revenu de la guerre en survivant à l'explosion d'une mine artisanale, il a perdu ses deux jambes, a eu la main arrachée et la mâchoire brisée. Après des mois de d’hospitalisation, d’opérations et quatre ans de rééducation, il se déplace désormais grâce à des prothèses et un fauteuil roulant.

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Dan Berschinski, comme tant d'autres aspirent seulement à reprendre une vie normale. Un désir soutenu par un soutien financier de la part de l'État américain qui finance les soins, mais aussi les études ou la couverture santé de ses vétérans. Ils peuvent également bénéficier d'une pension de retraite et d’invalidité.  Cette prise en charge des vétérans devrait dépasser 2 milliards d’euros en 2050, un budget équivalent au coût qu'ont représenté les 20 ans de guerre en soi. 

Mais cela ne suffit parfois pas. Parmi ces anciens soldats, 20% reviennent d’Afghanistan avec des traumatismes psychologiques, pouvant parfois provoquer leur marginalisation de la société. Rien qu’à Los Angeles, 5000 de ceux que l'Amérique célèbre comme ses héros dorment dans la rue. 

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