11-Septembre : l'ex-chef des pompiers de New-York meurt d'un cancer, comme des dizaines de soldats du feu avant lui

11-Septembre : l'ex-chef des pompiers de New-York meurt d'un cancer, comme des dizaines de soldats du feu avant lui

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ETATS UNIS - Ronald Spadafora, chef des pompiers ayant participé aux secours le 11-Septembre 2001, a succombé à un cancer lié aux décombres du World trade Center. Un décès qui porte à 178 le nombre de pompiers morts en raison d'une maladie contractée à cause de cet attentat.

Le 11-Septembre 2001, Ronald R. Spadafora intervenait comme des centaines d’autres pompiers à Ground Zero. Un drame qui lui laissera des séquelles, psychologiques mais également physiques puisque cet officier contractera un cancer lié aux émanations et aux produits toxiques présents dans les décombres. Il est mort ce week-end, à l’âge de 63 ans. Un décès qui vient s'ajouter à la longue liste des secouristes décédés suite à leur dévouement ce jour-là.


"Ron Spadafora était un véritable professionnel qui a servi notre ville avec bravoure durant 40 ans, et où il a travaillé durant des mois au World Trade Center suite au 11-Septembre", a déclaré le chef des pompiers Daniel A. Nigro. Et d'ajouter : "Le dévouement de Ron et son leadership ont permis d'offrir à des millions de New-Yorkais une meilleure protection".  Ce vétéran n'est pas le premier à succomber des suites d'un cancer. Selon les pompiers de la ville, 178 d'entre eux sont morts en raison d'une maladie liée à l'attentat du World Trade Center. Trois sont mêmes morts le même jour, en septembre 2014.

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"Leur avenir est trouble"

Considérés comme des héros, ils sont des milliers aujourd'hui à être atteints par de multiples affections allant de l'asthme au cancer, provoquées selon eux par les poussières toxiques des décombres des tours jumelles. Quelque 65.000 personnes, dont plus de 50.000 membres des équipes de secours, ont été prises en charge par un programme spécial, le World Trade Center Health program, qui dépend des CDC, l'organe fédéral de prévention et de contrôle des maladies. Un programme qui a mis du temps à voir le jour : durant des années, le gouvernement a fermé les yeux sur la réalité des conséquences des attentats. Dans un rapport remis en juillet 2011, Washington avait rejeté, faute de preuves scientifiques, tout lien de cause à effet entre l'exposition à ces poussières et les nombreux cas de cancers contractés par les pompiers et les policiers new-yorkais.

 

Pour la communauté scientifique, le lien entre l'exposition aux poussières et les nombreux cas de cancer est indiscutable : à l'occasion du dixième anniversaire des attentats, la revue scientifique britannique The Lancet avait publié tout un dossier sur le sujet. Selon les auteurs de l'étude, l'association entre l'exposition et le cancer est "biologiquement plausible, car certains contaminants dans la poussière du World Trade Center sont des carcinogènes connus". 


Les chercheurs se sont aussi intéressés à quelque 27.000 personnes, sur les 50.000 qui ont prêté secours. Parmi elles, 28% souffraient d'asthme, 42% de sinusite, 39% de reflux gastro-oesophagien. Près de la moitié avait des capacités respiratoires amoindries. 28% souffraient de dépression, 32% de stress post-traumatique, 21% de désordre panique... Imaginant les données qui seront publiées lors du 20ème anniversaire, le Dr Matthew Mauer, du département de la santé de l'Etat de New York, a estimé que "l'avenir est trouble, comme les panaches de fumée âcre qui se sont élevés à New York il y a dix ans".

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