13 novembre : comment Daech a utilisé les attentats de Paris pour sa propagande

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Les attentats du 13 novembre, trois ans après

DÉCRYPTAGE - Dans les semaines qui ont suivi le 13 novembre, les attentats de Paris ont été utilisés par le groupe Etat islamique pour sa propre glorification. Il a évidemment pris soin de seulement reprendre ce qui l'arrangeait. Depuis quelques mois, cette propagande est cependant moins efficace.

"Just terror". En janvier dernier, "Dabiq", la revue en ligne de Daech, avait opté pour une couverture "hollywoodienne" afin de célébrer les auteurs des attentats du 13 novembre. Devant la tour Eiffel, les visages des neuf "chevaliers" étaient savamment mis en scène dans ce document. Au moment du premier anniversaire des attentats, il restera comme le point culminant de cette propagande.


"Daech met en avant les martyrs, et non pas ceux qui sont toujours en vie dans le cadre d'attaques terroristes", nous explique Wassim Nasr, spécialiste du djihadisme et journaliste à France 24. C'est pourquoi Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos, n'apparait pas sur le montage qui a permis au groupe de capitaliser après avoir frappé Paris. "Il a été arrêté vivant, poursuit Wassim Nasr. Pour alléger la peine juridique qu'il encourt, les djihadistes ne vont rien dévoiler à son sujet. Idem pour les trois jeunes filles qui ont essayé de faire sauter une voiture en septembre près de Notre-Dame de Paris, ou encore pour Mehdi Nemmouche et Reda Kriket."

"Aucune image relative au 13 novembre ne leur appartenait"

A l'heure des commémorations, cette couverture de Dabiq et celle du numéro diffusé quelques jours seulement après les tueries et mettant en scène les secours parisiens restent comme les principaux exemples de l'utilisation des événements de novembre dans la propagande djihadiste. Il faut dire qu'en l'absence de matière "made in Daech", l'organisation a eu recours aux même documents que les journalistes traditionnels. "Aucune image relative au 13 novembre ne leur appartenait, précise Wassim Nasr. Ils ont tout pris dans les médias, par exemple les images où on voyait des policiers qui se cachaient pour tirer afin de montrer leur manque de courage. Mais aussi celle de deux policiers en pleurs, se donnant une accolade."


Depuis, les récents revers de l'organisation ont aussi affecté son outil de propagande, maillon central de sa politique de recrutement. Le nombre d'articles ou vidéos mis en ligne sur les médias "officiels" des djihadistes a ansi diminué de 70%, passant de 700 messages en août 2015 à 200 l'été dernier, d'après le Centre antiterroriste de l'académie militaire américaine de West Point (CTC). Et en septembre, le chef de la propagande de l'EI, Adnani, a été tué dans une frappe aérienne. "Ils produisent moins et surtout moins bien", constate Wassim Nasr. Et ce bien avant la bataille pour reprendre Mossoul. Ceux qui filment ont un taux de mortalité très élevé. Et beaucoup de responsables médiatiques sont morts."

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