13-Novembre : une enquête tentaculaire avant un procès hors-norme

13-Novembre : une enquête tentaculaire avant un procès hors-norme
International

Toute L'info sur

Les attentats du 13 novembre, trois ans après

TERRORISME - Les juges d'instruction chargés de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015, qui se sont déroulés il y a quatre ans, ont terminé leurs investigations. Un procès est attendu pour 2021.

Quatre ans d'investigations, un million de pages : c’est une enquête hors norme que les juges d’instruction ont bouclé en octobre 2019, quatre ans après les attentats du 13 novembre. Une étape indispensable avant un procès, lequel devrait se tenir en 2021.

Si de long mois ont été nécessaires à l’élaboration du dossier, c’est que la procédure s’est avérée particulièrement lourde. Pas moins de cinq magistrats ont planché dessus, et plus de 1.700 personnes se sont constituées parties civiles. Selon le parquet national antiterroriste (PNAT), le dossier finalisé comporte 460 tomes. Les parties ont jusqu’à fin novembre pour apporter leurs observations. Le PNAT, lui, doit communiquer ses réquisitions, avant une décision finale des juges sur la tenue d'un procès. 

Lire aussi

"Des ramifications financières et organisationnelles"

En revanche, le procès ne pourra pas se tenir avant un an au mieux. Une attente de plus pour les victimes et leurs proches. Le procès dans ce dossier "est quelque chose que nous attendons avec une fervente nécessité pour la manifestation de la vérité", a réagi Jean Reinhart, avocat de dizaines de victimes et de l'association 13onze15 Fraternité-Vérité. Le président de l'association Life for Paris, Arthur Dénouveaux, a pour sa part estimé que l'enquête semblait "avoir bien exploré toutes les ramifications financières et organisationnelles". "J'espère que cela permettra aux familles de connaître enfin la vérité, notamment sur les responsabilités directes et indirectes" dans ces attentats, a souligné Samia Maktouf, autre avocate de parties civiles. 

Au total, quatorze personnes, dont onze en détention provisoire, ont été mises en examen dans cette enquête. Parmi elles, Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des trois commandos djihadistes qui ont perpétré ces attentats, est incarcéré en France depuis trois ans et demi après avoir été arrêté en Belgique. Six autres suspects, pour certains présumés morts en Syrie ou en Irak comme les frères Fabien et Jean-Michel Clain, voix de la revendication de l'EI, sont pour leur part visés par un mandat d'arrêt.

Les investigations, qui ont permis de reconstituer une grande partie de la logistique des attaques, ont mis au jour une cellule djihadiste bien plus importante derrière ces attentats, avec des ramifications à travers l'Europe, essentiellement en Belgique. Des questions demeurent toutefois, comme l'évocation d'une cible dans le XVIIIe arrondissement de Paris dans la revendication de l'EI ou le rôle exact de Salah Abdeslam, détenu à l'isolement à Fleury-Mérogis. A de rares exceptions, il est resté muré dans le silence.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter