16 morts au cours de manifestations contre le Premier ministre éthiopien (et prix Nobel de la paix)

Manifestation à Addis Abeba le 23 octobre.
International

TENSIONS - Au moins 16 personnes ont été tuées en Ethiopie au cours de manifestations hostiles au Premier ministre Abiy Ahmed, récemment nommé prix Nobel de la paix 2019. Les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur des manifestants et des affrontements interethniques ont eu lieu.

Une dizaine de jours seulement après que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a reçu le prix Nobel de la paix, de violentes manifestations dans ce pays de l'est de l'Afrique ont fait au moins 16 morts. Des protestations contre le Premier ministre qui interviennent sur fond de divisions au sein de l'ethnie oromo.

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 "A ce stade nous avons 16 morts confirmés mais leur nombre doit être supérieur car de nouvelles informations circulent qui restent à confirmer", a déclaré à l'AFP un chercheur d'Amnesty International, Fisseha Tekle. Ce dernier précise que les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur des manifestants lors des violences mais que celles-ci prennent de plus en plus la forme d'affrontements sur des bases ethniques et religieuses.

"Certains ont été tués à coups de bâton, de machette, des maisons ont été incendiées. Des gens ont même utilisé des balles et des armes légères pour tuer, pour se combattre", a indiqué le chercheur, pour qui "il n'y a pas de signe d'apaisement". Les violences ont éclaté dans la capitale Addis Abeba et dans la région d'Orimia.

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Opposition entre le Premier ministre et son ancien allié

Cette situation très tendue a pour origine les accusations de Jawar Mohammed, un dirigeant de l'ethnie oromo - la plus importante du pays - qui affirme que les forces de sécurité ont tenté de l'attaquer. Fondateur du média d'opposition Oromia Media Network (OMN), basé aux États-Unis, Jawar Mohammed est rentré en Ethiopie en août dernier. Âgé de 32 ans, il a joué un rôle clé dans les manifestations antigouvernementales qui ont entraîné la chute du prédécesseur de Abiy Ahmed et à la nomination en avril 2018 de ce dernier comme premier Premier ministre.

D'abord allié du Premier ministre Abiy, lui même un Oromo, Jawar Mohammed a récemment critiqué certaines réformes du Premier ministre, dégradant les relations entre les deux hommes. L'opposant a appelé au calme jeudi, tout en accusant les autorités d'alimenter l'instabilité. Jawar Mohammed est lui-même accusé par ses détracteurs d'inciter à la haine ethnique et d'avoir pour but de déstabiliser le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec 110 millions d'habitants. Les troubles illustrent en tout cas les divisions au sein de l'ethnie oromo qui pourraient affaiblir le Premier ministre à l'approche des élections prévues en mai prochain.

Début mai, Abiy Ahmed a été récompensé par le prix Nobel de la paix pour avoir œuvré à la réconciliation entre l'Ethiopie, longtemps livrée à l'autoritarisme, et l’Érythrée, même si la relation entre les deux pays est encore conflictuelle.

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