20 ans après, les derniers soldats Américains quittent la base de Bagram et bientôt l'Afghanistan

A US Marines looks on as he talks on his radio as Afghan National Army soldiers clear the road at the Shorab Military Camp in Lashkar Gah.

SO LONG - Après quasiment 20 ans de présence ininterrompue, les derniers soldats américains ont quitté la base aérienne militaire de Bagram, restituée au gouvernement afghan. Ancrage stratégique vital, au cœur du déploiement des États-Unis dans le pays au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la base demeure aussi le symbole des brutalités commises pendant le conflit.

"L'aérodrome de Bagram a été officiellement remis au ministère de la Défense. Les forces américaines et de la coalition se sont complètement retirées de la base et désormais les forces armées afghanes protègeront la base et l'utiliseront pour combattre le terrorisme". C'est ainsi que le porte-parole du ministre de la Défense afghan a confirmé une information qui circulait depuis ce matin : les derniers militaires américains présents ont quitté la base stratégique de Bagram. Seul un contingent de 600 hommes sera maintenu en Afghanistan pour sécuriser la grande ambassade américaine de Kaboul.

Le président Joe Biden l'avait annoncé en avril : les dernières troupes américaines auraient quitté l'Afghanistan avant le 11 septembre 2021, date symbolique s'il en est. Le calendrier prévu par les accords signés par son prédécesseur Donald Trump avec les Talibans, prévoyaient un retrait avant le 1er mai, qui n'aura finalement été dépassé que de deux mois. 

Un cadeau américain... tombé aux mains des Soviétiques

La base de Bagram  et son aérodrome avaient été construite par les Américains dans les années 1950, à 50 km au nord de Kaboul, pour aider leur allié afghan à faire face à l'ennemi soviétique commun.  Ironiquement, c'est justement depuis cette base que Moscou avait organisé son occupation du pays à partir de 1979. Après le retrait soviétique de 1989, Bagram aura été occupée par diverses entités afghanes, avant de tomber aux mains des Talibans lors de leur prise du pouvoir en 1996.

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Ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui vont déclencher l'invasion de l'Afghanistan par la coalition internationale menée par les Américains. C'est une offensive massive contre les talibans, qui hébergent et protègent le responsable des attentats de Manhattan, Oussama Ben Laden. Et c'est de Bagram que décollent les bombardiers américains qui pilonnent les talibans et leurs alliés d'Al-Qaïda. 

Une ville en miniature

Depuis, la base aérienne était devenu le cœur de la présence militaire américaine en Afghanistan, jusqu'à atteindre une taille gigantesque, celle d'une ville miniature. Plusieurs centaines de milliers de soldats s'y sont succédé, et au plus fort de son activité, la base comprenait des piscines, des cinémas, des spas et plusieurs chaînes de restauration rapide. Au point que, selon le gouverneur de la province, "la présence américaine ici avait fourni des emplois à des milliers et des milliers d'Afghans". C'est ici aussi que trois présidents américains successifs (George W. Bush, Barack Obama, Donald Trump) sont venus rendre des visites symboliques aux troupes. Toujours à l'improviste, sécurité oblige. Joe Biden, alors vice-président, est lui aussi venu à Bagram en janvier 2011.

La prison installée derrière ses murs avait été dénoncée pour les tortures qui s'y pratiquaient, et finalement fermée en 2014. Alors que la base accueillait près de 100.000 hommes au plus fort du conflit, le contingent avait été progressivement réduit, pour passer à 8000 à la fin de la présidence Obama. Si Donald Trump avait brièvement renforcé la présence américaine sur place à la suite d'une reprise des hostilités, il a finalement passé un accord avec les Talibans en 2020, dont le départ d'aujourd'hui était une clause majeure.

Le retrait des quelque 3000 soldats américains qui restaient basés à Bagram s'est effectué pendant la nuit, et sans concertation avec les autorités locales. Des dizaines de pillards se seraient même introduits dans l'enceinte restée ouverte après leur départ. Les autorités afghanes sont désormais seules pour protéger cet enjeu stratégique, déjà pris pour cible plusieurs fois ces derniers mois par les djihadistes de l'État Islamique. Leur capacité à défendre Bagram et son aérodrome demeure, comme tout au long de cette longue histoire de conflit, la clé du contrôle de la capitale Kaboul. 

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