40 ans après l'abolition de la peine de mort : Emmanuel Macron veut "convaincre" les pays qui l'appliquent encore

40 ans après l'abolition de la peine de mort : Emmanuel Macron veut "convaincre" les pays qui l'appliquent encore

JUSTICE - Le chef de l'État a annoncé que la France militera davantage pour que les pays qui pratiquent encore la peine de mort l'abolissent, notamment par l'organisation depuis Paris d'une "rencontre au plus haut niveau" avec des ONG de pays concernés.

À l’occasion du 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort, commémorée samedi 9 octobre au Panthéon, Emmanuel Macron a annoncé que la France s’engageait à "relancer le combat pour l’abolition universelle" de la peine de mort, en organisant un sommet pour "convaincre" les dirigeants des pays l'appliquant encore de passer le pas de l’abolition. 

"Dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne, nous organiserons à Paris avec l’ONG Ensemble contre la peine de mort une rencontre au plus haut niveau rassemblant les sociétés civiles des États appliquant encore la peine de mort ou un moratoire afin de convaincre leurs dirigeants de l’importance et de l’urgence de l’abolir", a déclaré le chef de l’État sous la coupole du Panthéon.

Lire aussi

Il a également préconisé que la pression internationale soit accrue sur les pays ayant toujours recours à la peine capitale. Le président a ainsi annoncé que la France, aux côtés des autres membres de l’Union européenne, "mobilisera la communauté internationale lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies autour d’une résolution pour que, chaque année, les États n’ayant pas aboli la peine de mort communiquent à l’ONU le nombre de condamnations prononcées et le nombre d’exécutions pratiquées".

Son discours fait suite à celui de Robert Badinter, l'ancien garde des Sceaux qui avait fait voter l’abolition de la peine de mort en France, et qui a partagé sa "conviction absolue : la peine de mort est vouée à disparaître dans le monde car elle est une honte pour l’humanité"

483 exécutions en 2020 perpétrées dans 33 pays

Le projet de loi d’abolition avait été adopté par l'Assemblée nationale le 18 septembre 1981, quatre mois après l'élection de François Mitterrand à l’Élysée, puis le 30 septembre par les sénateurs. La mise au rebut de la guillotine était promulguée le 9 octobre 1981. Emmanuel Macron a rappelé que, en 1981, la France avait été "le 35ème État à abolir la peine de mort". "106 États ont à ce jour emprunté cette voie quand 50 autres respectent un moratoire de droit ou de fait sur les exécutions", a-t-il précisé.

Mais il a déploré que "483 exécutions, un nombre certainement sous-évalué" aient été perpétrées dans le monde en 2020. Autant selon lui de "meurtres d’État administrés par 33 régimes politiques qui ont pour la plupart en commun un goût partagé pour le despotisme, le rejet de l’universalité des droits de l’Homme", a-t-il estimé. La peine de mort reste aujourd'hui en vigueur notamment en Chine, aux États-Unis ou en Inde.

Lire aussi

À l'issue du discours, Emmanuel Macron et Robert Badinter ont visité l’exposition "Un combat capital", qui retrace l'histoire du combat politique pour l’abolition de la peine de mort en France, du XVIIIème siècle à nos jours.

Parmi les quelque 200 invités ayant pris place sous la coupole du Panthéon, figuraient le Premier ministre Jean Castex, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, les présidents de l'Assemblée nationale Richard Ferrand et du Sénat Gérard Larcher, mais aussi des anciens collaborateurs et ministres de François Mitterrand comme Pierre Joxe, Hubert Védrine et Jean-Louis Bianco. Des membres de la famille Badinter étaient également présents.  

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Que risquera-t-on en roulant sans pneus hiver après lundi prochain ? Le 20H vous répond

EN DIRECT - Procès du 13-Novembre : des proches de victimes du Bataclan et des policiers entendus ce mercredi

"C’est ridicule" : la colère monte face aux routes bloquées de la frontière franco-espagnole

VIDÉO – Un an de pluie en quelques heures : les images des dégâts des inondations monstres en Sicile

Plus de 5000 cas de Covid-19 par jour : peut-on déjà parler de "cinquième vague" de l'épidémie ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.