60% des espèces de singes en danger d'extinction

60% des espèces de singes en danger d'extinction
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BIODIVERSITE - Selon une étude menée par 31 primatologues du monde entier et publiée dans Science Advances, 60% des espèces de singes sont en danger d’extinction d'ici 25 à 50 ans et 75 % des populations sont déjà en déclin.

Le constat est rude, selon une étude publiée dans Science Advances ce mercredi et relayée par Le Monde :  les auteurs estiment que 60% des espèces de singes sont en danger d’extinction d'ici 25 à 50 ans. En cause, l'activité humaine qui réduit comme peau de chagrin leur habitat.

Quatre espèces de grands singes sur six à un pas de la disparition

Les habitats des singes disparaissent ainsi sous la pression de l’agriculture (qui affecte 76 % des espèces), de l’exploitation forestière (60 %), de l’élevage (31 %), de la construction routière et ferroviaire, des forages pétroliers et gaziers et de l’exploitation minière (2 % à 13 %). Sans compter la chasse et le braconnage. A quoi il faut encore ajouter d'autres périls, tels que la pollution et le changement climatique.


Cette étude, la plus vaste jamais réalisée à ce jour, tire la sonette d'alarme : si rien n’est fait pour réduire cette pression inexorable, c'est à une extinction de masse à laquelle nous allons assister. Voyez plutôt : 75% des populations accusent déjà un déclin et quatre espèces de grands singes sur six ne sont plus qu’à un pas de la disparition, selon la dernière mise à jour de la fameuse liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Comment les sauver ?

"C’est la onzième heure pour beaucoup de ces créatures", juge dans Le Monde Paul Garber, professeur d’anthropologie à l’université de l’Illinois (Etats-Unis), qui a codirigé l’étude. Plusieurs espèces, comme le lémur à queue annelée, le colobe rouge d’Udzungwa, en Tanzanie, le rhinopithèque brun ou le gorille de Grauer, ne comptent plus que quelques milliers d’individus. Dans le cas du gibbon de Hainan, en Chine, il reste même moins de trente animaux".


Est-il encore possible de faire quelque chose pour protéger ces animaux, (nos plus proches parents, ne l'oublions pas) ? Parmi les pistes évoquées par les auteurs de l'étude : associer les populations locales à la gestion des forêts. "Il s’agit de construire des économies locales fondées sur la préservation des arbres, en développant par exemple l’écotourisme autour des primates", explique Paul Garber. "Et former les communautés, en particulier les décideurs et les jeunes, aux programmes de conservation".

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