75 ans de la Rafle du Vel d'Hiv : Netanyahu, un invité qui divise

PROTESTATION – Le Premier ministre israélien est à Paris, ce dimanche, pour une première visite officielle sous l’ère Macron. Invité par le Président français pour commémorer l’un des épisodes les plus noirs de l’histoire française, sa venue est loin de faire l’unanimité.

Il n’était pas venu à Paris depuis la marche du 11 janvier 2015 après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher. Benjamin Netanyahu sera reçu par Emmanuel Macron qui l’a convié, ce dimanche, à assister à ses côtés aux commémorations des 75 ans de la Rafle du Vel d’Hiv. C’est la première fois qu’un Premier ministre israélien participera à une cérémonie d’hommages aux plus de 13.000 juifs déportés par la police française les 16 et 17 juillet 1942.

"C’était un geste naturel de pouvoir l’inviter mais je ne cherche absolument pas à confondre le sujet de la commémoration et la relation franco-israélienne en tant que telle", explique Emmanuel Macron dans le JDD. Un "mais" en réponse aux critiques qui se sont élevées après l’officialisation de la venue du Premier ministre israélien la semaine dernière. Quelques jours avant cette annonce, le journaliste et historien Dominique Vidal et le président de l’Association France Palestine Solidarité Bertrand Heilbronn se demandaient dans une tribune publiée sur Mediapart "en quoi cet évènement concernerait-il Israël ?" "Cet Etat n’existait pas à l’époque", écrivaient-ils, ajoutant qu’"Israël ne peut se présenter comme le seul héritier des victimes de la Shoah". "Cette invitation serait une insulte à la mémoire des victimes de la déportation", ajoutaient-ils.

L'UJFP (Union juive française pour la paix) s’est dite "choquée" qu'un dirigeant israélien soit convié à la commémoration d'un "crime contre l'humanité franco-français". "Non seulement cette invitation fait de nous des citoyens 'à part' mais en plus le président Macron nous fait représenter par le chef d’un Etat où un citoyen sur cinq n’a pas les mêmes droits que ses quatre compatriotes juifs", dénonce l’association, parlant elle aussi d’"insulte aux victimes et à leurs proches".

Le Parti communiste a quant à lui vivement protesté contre la venue du dirigeant israélien, qui n'est "pas l'homme" du message "fort de paix" que devrait porter la commémoration du Vel d'Hiv. "Ce n'est pas faire honneur aux 13.152 juifs, parmi lesquels plus de 4000 enfants, que la police de Pétain rafla dans la région parisienne pour les envoyer à la mort et complaire à l'Occupant allemand", ajoute le parti. Le PCF et le NPA ont ainsi participé, ce samedi place de la République à Paris, à un rassemblement contre la visite de Benjamin Netanyahu.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Macron

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter