A Bruxelles, "pas question de tomber dans la psychose"

A Bruxelles, "pas question de tomber dans la psychose"

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TEMOIGNAGES - Les autorités belges ont décidé samedi de fermer commerces et stations de métro à Bruxelles en raison d'un risque d'attentat "avec armes et explosifs" ciblant les rues commerçantes, les manifestations, les lieux animés et les transports dans la capitale belge. Dans une ville morne, les habitants, conscients de la menace, continuent de vivre... presque normalement.

"A éviter absolument : rue Neuve, place de Brouckere, avenue Louise, Boulevard de Waterloo... Ce soir et demain. Pas de panique mais faites passer. Be safe". Voici le SMS envoyé vendredi matin par un agent des services secrets belges à tous ses proches. Marc, Bruxellois du quartier de Uccle l'a reçu un peu avant midi et a été ainsi averti de la menace un peu avant tout le monde. Quelques heures plus tard, dans la nuit de vendredi à samedi, le gouvernement belge a placé la capitale en état d’alerte maximale et a demandé à la population d’éviter les lieux fréquentés en raison d’une menace "sérieuse et imminente" sans préciser la nature de l'événement qui l'a poussé à prendre une telle décision.

Dimanche, les Bruxellois étaient unanimes, ils savaient que la menace était présente sur leur pays. "Depuis les attaques de Paris et avec les nombreuses perquisitions en Belgique, je m'y attendais, dit Marc à metronews. Bruxelles est aujourd'hui la base arrière de la France. On savait tout ça. Il y a des antécédents : la tuerie dans le musée juif, l'attentat déjoué à Verviers et l'attentat du Thalys."

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"L'impression d'une mauvaise gueule de bois"

Depuis plus de 24 heures, le centre-ville de Bruxelles est déserté tandis que dans les autres quartiers, la vie continue. Partout, des militaires et des policiers arpentent les rues à la recherche d'au moins deux hommes, dont l'un armé d'une bombe, selon Le Soir.

Nicolas, trentenaire, devait sortir samedi soir avec des copains pour un anniversaire. "Comme beaucoup de Bruxellois, nous n'avons pas été en ville, nous sommes allés faire la fête dans l’appartement d’un ami.", raconte-t-il à metronews. Malgré leur "résistance", les Bruxellois perçoivent très bien une certaine "morbidité" dans la ville. " C'est un peu comme une mauvaise gueule de bois. Il y a un fort sentiment d’identification avec les Parisiens. Ce qui est arrivé là-bas était peut-être en train de se préparer ici. Il n’y a pas de psychose particulière, mais on suit les événements en direct, en prenant au sérieux les recommandations des autorités", ajoute Nicolas.

"Je suis sûr que les identités sont connues"

Liesbet, elle, avait choisi d'aller au marché, dans le quartier de Woluwe où elle vit. "Il y avait beaucoup de monde. Forcément, tous les supermarchés étaient fermés. Il faut éviter le centre-ville et les zones très à risque, où seules circulent les forces de l'ordre. Pour le reste, on fait comme d'habitude, ou presque". Dimanche, certains Bruxellois avaient bravé les recommandations, en se rendant dans le centre, tout en restant connectés pour savoir tout de l'évolution de la situation.

Pour Serge, habitant de Uccle, pas question d'avoir peur, malgré des nouvelles pas très rassurantes. "Il recherche un ou deux groupes d'individus... De deux à six personnes. Je suis sûr que les identités sont connues, mais elles n'ont pas été révélées, pour ne pas nuire à l'enquête, déclare-t-il. Il n'y a pas 36 options maintenant, ou les suspects sont interpellés, ou il y a une attaque ou l'état d'urgence est prolongé. Si c'est le cas, ce sera très compliqué. Car lundi, les gens doivent aller travailler. Avec le métro fermé et peut-être aussi les écoles qui n'ouvriront pas, je ne vois pas comment on va faire".

Carpe Diem

Pour ne pas  "tomber dans la psychose", Olivier, lui, a choisi d'éteindre radio et télé. "Je lis la presse, j'écoute un flash le soir, ça me suffit. On est debout, on respire, tout va bien. Carpe Diem." Ce week-end, toutes les manifestations ont été annulées dans la capitale belge. Le métro n'a pas fonctionné et la plupart des commerces étaient fermés dans le centre-ville. De nouvelles consignes seront données ce dimanche en fin d'après-midi pour savoir si la vie reprendra son cours normal lundi, ou pas.

Le ministre belge de la Justice, Koen Geens, a laissé entendre que le métro serait à nouveau en circulation lundi "si tout se déroule normalement", sans donner plus d'informations sur d’éventuelles avancées de l'enquête.
 
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