A Guantanamo, le procès du 11-Septembre qui ne vient jamais

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JUSTICE - Le tribunal militaire d'exception de Guantanamo tient cette semaine de nouvelles audiences préparatoires au procès de Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau auto-proclamé des attentats du 11-Septembre, et de ses quatre co-accusés. Cinq hommes qui, plus de 14 ans après les attaques, n’ont pas encore été jugés.

"L'idée de détenir quelqu'un aussi longtemps, sans savoir s'il sera remis en liberté, sans procès, sans jugement, est une forme de torture". Après des années d’attente, Jonathan Hafetz ne masque plus son impatience. Et pour cause : le client de cet avocat est détenu depuis des années à Guantanamo, où il attend d’être jugé pour les attentats du 11-Septembre. Sauf que la procédure est au point mort, malgré les audiences préparatoires prévues cette semaine.

Motions de défense, casse-tête logistique pour déplacer sur l’île de Guantanamo – où se situe le tribunal militaire d’exception – les juges et les avocats à chaque audience... le processus est en effet dans l’impasse, plus de 14 ans après les attaques qui ont tué près de 3.000 personnes. Le général Mark Martins, le chef de l'accusation, reconnaît que la lenteur du processus exaspère les proches des victimes des attentats mais estime qu'il est impossible d'avancer plus vite. "C'est le système que nous avons mis en place et il n'est pas basé sur un calendrier", a-t-il déclaré ce week-end.

Plus de 700 personnes incarcérées en 2003

Au total, ils sont cinq à devoir comparaitre au tribunal militaire d’exception créé sur la base de Guantanamo, à environ 900 kilomètres de la Havane. Au centre des débats, Khaled Cheikh Mohammed, qui a publiquement admis être le principal organisateur des attentats du 11-Septembre. Arrêté au Pakistan en 2003, cet homme d'origine pakistanaise, né au Koweït, est l'un des prisonniers torturés par la CIA dans ses prisons secrètes. Il a été notamment soumis à de nombreuses sessions de simulation de noyade ("waterboarding") et des séances de "réhydratation rectale" sans justification médicale, avant d'être transféré à Guantanamo en 2006.

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Les quatre autres accusés sont les Yéménites Walid Ben Attach et Ramzi ben al-Chaïba, le Saoudien Moustapha al-Houssaoui et le neveu de Khaled Cheikh Mohammed, Ammar al-Baluchi, aussi appelé Ali Abdoul Aziz-Ali, également d'origine pakistanaise. Les cinq hommes encourent tous la peine de mort, mais il faudra encore des années avant de parvenir à des jugements. Au total, parmi les détenus de Guantanamo, seuls dix ont fait l'objet de condamnation par la justice militaire ou sont en attente d'un procès. Plus de 700 personnes y étaient incarcérées à son apogée en 2003.

Un scénario judiciaire à rallonge dont l’administration Obama se serait bien passé. En 2009, elle avait tenté d'organiser un procès des cinq accusés à New York avant de reculer, devant la levée de boucliers provoquée aux Etats-Unis. Le président Obama avait également promis de fermer le camp de Guantanamo dans sa campagne de 2008 mais il n'a pas encore pu tenir son engagement du fait de l'opposition du Congrès. Les partisans de la fermeture sont pourtant nombreux : ils estiment que Guantanamo est le symbole d'une Amérique qui a perdu ses repères après le 11-Septembre, sous l'administration Bush, et un symbole puissant pour la propagande et le recrutement des djihadistes.

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