A quoi sert (encore) le sommet du G7 ?

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ZOOM - Le sommet du G7, qui réunit chaque année les dirigeants de sept pays parmi les plus puissants au monde, est un groupe de discussion et de concertation, par définition informel. S'il est de fait difficile de savoir ce qu’il s’y passe vraiment en dehors de l'ordre du jour officiel, celui qui s’ouvre vendredi en Sicile ne peut faire l'impasse sur, au moins, un sujet qui fâche.

La question de sa légitimité est régulièrement soulevée. Le "groupe des sept", aujourd'hui appelé G7, réunit une fois par an les dirigeants de grandes puissances hors du cadre des organismes internationaux comme le FMI ou les Nations-Unies. 


Depuis l’exclusion de facto de la Russie en 2014, après l’annexion de la Crimée, ce qui était devenu le G8 en 1998 regroupe de nouveau les chefs d'Etat ou de gouvernement de sept pays, présents ce vendredi et samedi dans la petite ville de Taormina en Sicile. Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Canada, Italie et Grande-Bretagne pèsent un peu plus de 40 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Ordre du jour officiel et officieux

Si ce groupe de discussion, par définition informel, concentre une fois par an en un point du globe l’attention des médias pendant plusieurs jours, il est paradoxalement difficile de savoir ce qu’il s’y passe vraiment. D'autant que "les conclusions du sommet, le fameux communiqué que l’on attend à la fin du G7, est en réalité rédigé une dizaine de jours à l’avance par les conseillers diplomatiques", rappelait vendredi matin le journaliste Nicolas Prissette dans sa chronique sur LCI.


En dehors de l’ordre du jour officiel, sur lequel se basent les communications faites à l’issue du sommet, il en existe un plus officieux, dont on ne parle pas, mais qui s’avère souvent plus important que le premier. 


Ce sommet en Italie devrait au moins être l’occasion d’aborder un sujet qui fâche : celui du climat. Donald Trump, qui participe à son premier sommet international, tout comme le nouveau président français Emmanuel Macron, ne s’est en effet pas encore prononcé sur sa décision de rester ou non dans le cadre de l'accord de Paris. Une fois n’est pas coutume, cette question n’ayant pu être tranchée à l’occasion des réunions préparatoires, la déclaration finale de ce G7, d’ordinaire préparée à l’avance, ne l’était pas encore à l’ouverture du sommet ce vendredi.

Quel est le menu de ce G7 ?

Lancé par Valéry Giscard d’Estaing en 1974 comme "G5" pour parler exclusivement d’économie dans un contexte de crise liée au premier choc pétrolier, le G7 aborde aujourd’hui des thèmes beaucoup plus variés. 


Lutte contre le terrorisme, lutte contre l’immigration illégale, aide au développement, prix des matières premières…en quelques heures, les dirigeants des sept puissances ont l’ambition d’aborder les grands problèmes de la planètes séquencées en six séances de travail , à savoir "économie mondiale, croissance, valeurs", "commerce et normes", "politique étrangère et sécurité internationale", "climat et énergie" , "contre-terrorisme" et "développement ."

Pas de décision formelle

A Taormina en l'occurrence, si les dirigeants présents devraient tenter d'afficher un front uni contre le terrorisme après le récent attentat de Manchester, aucune décision formelle n’està attendre. Et pour cause : si la mise en scène de tels sommets est essentielle, ils ne sont en aucun cas des lieux de décision.


Dans un cadre idyllique, les sept chefs d’Etat et de gouvernement ont posé vendredi matin dans les jardins de l’hôtel San Domenico, devant les ruines d'un ancien théâtre grec et à l’ombre de l’Etna. Car les images et les symboles qui restent après ces sommets sont presque aussi importants sur le plan diplomatique que les conclusions elles-mêmes. 

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