VIDÉO - Le "Staycation" va-t-il affecter le secteur du tourisme en France ?

VIDEO - Le Staycation, qu'est ce que c'est ? Un danger pour le tourisme en France ?
International

VACANCES - Connaissez-vous le terme anglais "Staycation" ? Il s'agit d'une façon de partir en vacances qui a le vent en poupe de l'autre côté de la Manche : "Partir en vacances à la maison". Au Royaume-Uni, le "Staycation" risque bien de s'imposer cette année, en raison de la pandémie de coronavirus et les mesures de quarantaine mises en place.

Cette année, il est une tendance qui risque bien de s'imposer à de nombreux pays. Alors que l'Europe se déconfine peu à peu, la pandémie de coronavirus impacte lourdement le secteur du tourisme. En Angleterre, par exemple, Londres, cinquième ville la plus touristique du monde, est à la peine, financièrement : les pubs sont fermés, les hôtels tournent à vide alors les chauffeurs de taxi comptent leurs clients sur les doigts d'une main.  

Mais si les touristes ont déserté la ville après l'annonce d'une quarantaine obligatoire pour toute personne britannique ou non, qui arriverait sur le territoire, les Britanniques semblent avoir trouvé une parade : le "staycation". Il s'agit de partir en vacances chez soi. A la place d'une semaine de vacances dans le sud de la France ou en Espagne, certains iront en Ecosse, ou au Pays de Galles. 

D'habitude, Eleanor Baker loue son mobile-home à des touristes européens ou américains mais cette année, son téléphone n'arrête pas de sonner et au bout du fil, des compatriotes viennent aux renseignements : "l'année dernière avant le coronavirus, c'était surtout des Américains, des Européens qui appelaient, pour visiter le Royaume Uni, cette année ce sont des Britanniques qui veulent rester ici", dit-elle. Une façon de relancer l'économie pour certains, comme ce Londonien croisé dans les rues de la capitale : "on va dépenser notre argent ici". Mais pas seulement. 

Passer ses vacances en Grande-Bretagne est aussi un "dernier recours", comme nous l'explique Katie Wishkin, une mère de famille britannique. "D'abord, on a décidé d'attendre pour réserver, pour être sûrs de pouvoir y aller on s'est dit voyons ce qui se passe et après on a eu la quarantaine, donc s'est dit : on n'y va pas, on ne veut pas être obligés de passer 2 semaines en quarantaine à notre retour", dit-elle, un peu nostalgique de ses vacances estivales passées à Gordes, dans le sud de la France. 

Lire aussi

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

"On s’attend à un raz- de-marée" : comment Pôle emploi peut faire face à la vague de chômeurs ?

Reste que la perspective de la quarantaine couplée à une relance de l'économie produit déjà des effets : à Londres, les réservations ont d'ores et déjà bondi de 140% dans la capitale et de plus de 200% pour les villes en bord de mer. Si les mesures annoncées par le gouvernement doivent relancer le tourisme à l'intérieur du territoire britannique, la question des séjours à l'étranger reste néanmoins en suspens. Pour éviter d'importer des cas de Covid-19 au moment du déconfinement, le gouvernement a instauré le 8 juin dernier, une quarantaine de 14 jours pour tout voyageur arrivant de l'étranger, provoquant la colère du secteur aérien. Selon le Times, il s'apprête à exempter une dizaine de pays de cette mesure, comme la France, l'Espagne, l'Italie ou la Turquie, pour permettre aux Britanniques de se rendre au soleil. 

Une décision qui devrait réjouir parmi les 13 millions d'Anglais qui passent leurs vacances en France, comme cette retraitée croisée dans un parc. Va-t-elle annuler ses vacances dans l'Hexagone ? "Absolument pas. Je passerai mes vacances en France comme d'habitude, même avec la quarantaine, je m'en fous", dit-elle. Ou encore cet homme qui reste suspendu aux annonces des départs de ferries en direction de la France : "on a réservé un ferry pour début septembre j'espère que ça va devenir plus clair dans 2, 3 semaines donc on croise les doigts". Et si les Britanniques préfèrent rester en Grande-Bretagne cet été, le tourisme français risque d'en prendre un coup : chaque année, ces touristes dépensent près de 5 milliards d'euros chez nous.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent