Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, le mystérieux nouveaux "calife" de Daech

JT 20H - L'armée américaine a dévoilé des images de l'assaut mené contre Abou Bakr al-Baghdadi. En réponse, l'organisation État islamique a promis ce jeudi de venger la mort de son chef et a annoncé le nom de son successeur, Abou Ibrahim al-Hachemi.
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TERRORISME – Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi a été annoncé comme le nouveau chef du groupe Etat islamique, quelques jours après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi. Eléments de portraits sur un homme quasiment inconnu, dont Donald Trump dit pourtant tout savoir.

Après la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, l'organisation terroriste Etat islamique (EI) a désigné jeudi 31 octobre son successeur, Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi. Le président américain, en première ligne dans la mort de l’ancien chef de Daech, a alors immédiatement réagi sur son compte Twitter. "L’État islamique a un nouveau chef. Nous savons exactement qui il est", a assuré le locataire de la Maison Blanche.

Une déclaration qu'on relève d'autant plus que le nom du nouveau "calife" de Daech  avait bien peu circulé au moment de désigner les potentiels successeurs d’al-Baghdadi. Alors que sait-on de lui ?

Principal juge de l’État islamique

Avant de devenir le chef de Daech, quel était le rôle d’Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi à l’intérieur du mouvement ? "Il est le principal juge de l’État islamique", a indiqué à l’Agence France Presse Hicham al-Hachemi, un expert irakien de l’EI. "Il dirige l’Autorité de la charia", c’est-à-dire l'instance chargée de faire respecter la loi islamique, a précisé l’expert.

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Un faux nom ?

Un autre élément d'explication pour comprendre le peu de connaissances réunies à son sujet vient aussi d'une tradition au sein du groupe terroriste. En effet, Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi pourrait bien être un faux nom, prévient le chercheur et consultant sur les questions islamistes Romain Caillet. "Ce nom ne me dit rien, mais il faut savoir qu’en général, lorsqu’un responsable de l’État islamique arrive à une nouvelle fonction, il change de pseudonyme, probablement pour ne pas être reconnu plus rapidement par les services de renseignement", a-t-il expliqué à France info.

Interrogé par Le Parisien, le politologue et spécialiste de la propagande islamiste Asiem El Difraoui va dans le même sens. "Il est possible qu’il ne s’agisse que d’une identité fantoche, derrière laquelle il y aurait un groupe de personnes", déclare-t-il. "L’appellation al-Qourachi figurant à la fin de son nom indique qu’il est décrit comme un descendant de la tribu Quraych du prophète Mahomet, une lignée que l’État islamique considère comme une condition préalable pour devenir un calife", note de son côté le New York Times.

Choisi par al-Baghdadi

Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi n'aurait pas atteint ce rôle au sein de l'organisation par hasard. Il aurait même été choisi par son prédécesseur al-Baghdadi, note Romain Caillet. "Si on se tient aux propos dits par le nouveau porte-parole de l’État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi aurait désigné lui-même, dans son testament, un successeur, auquel les chefs de l’État islamique auraient fait allégeance", explique-t-il à France info.

Peu connu à l’intérieur de l’organisation

Peu d’informations supplémentaires ont circulé sur le nouveau chef de Daech, qui reste relativement peu connu, même au sein de l’organisation terroriste. "En dehors d’un cercle très restreint au sein de l’État islamique, personne n’a la moindre idée de qui est leur nouveau chef", a tweeté Paul Cruickshank, le rédacteur en chef de la revue CTC Sentinel et spécialiste d’Al-Qaida.

Le coordinateur de l'action contre-terroriste des États-Unis, Nathan Sales, a par ailleurs tempéré les propos de Donald Trump. "Nous étudions l'identité du nouveau dirigeant, son rôle dans l'organisation, d'où il vient", a-t-il indiqué. "Chaque fois qu'il y a une transition à la tête d'une organisation terroriste, nous voulons nous assurer que nous disposons des informations les plus récentes dont nous avons besoin pour faire face efficacement à la menace", a ajouté le coordinateur.

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