Abou Sham risque sa vie pour filmer Raqqa, la ville syrienne aux mains de l’Etat islamique

Abou Sham risque sa vie pour filmer Raqqa, la ville syrienne aux mains de l’Etat islamique

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TÉMOIGNAGE - Quand l’Etat islamique est arrivé dans la ville de Raqqa en Syrie, en mars 2013, Abou Sham a fui, avant de revenir. Il s’est donné une mission : montrer le quotidien des Syriens sous le régime de Daech. Des images qu’il diffuse sur Facebook, au péril de sa vie. Metronews est entré en contact avec lui.

En mars 2013, alors que l’Etat islamique (EI) s’empare de la ville syrienne de Raqqa, Abou Sham, alors communicant pour l’Armée syrienne libre (ASL), décide de fuir. Mais, pour lui, son départ est contraire à son rôle de journaliste citoyen. Il revient donc au bout de quelques semaines : "Je devais rester. Pour voir ce qu’ils feraient de ma ville et aussi pour montrer au monde entier la vie des Syriens sous l’autorité des djihadistes", confie cet ancien étudiant de 23 ans que metronews a réussi à contacter.

De retour à Raqqa, Abou Sham abandonne ses études et trouve un travail de vendeur afin de s'offrir un téléphone et une connexion Internet dans le seul but de diffuser ses photos et vidéos sur Facebook . "Je sais que je risque gros. Si jamais quelqu’un était amené à savoir qui se cache derrière le pseudo Abou Sham, je serais décapité sur-le-champ. L’an dernier pour des raisons que je ne peux dévoiler (il pourrait être reconnu par l’armée de Daech ndlr), j’ai été emprisonné un mois et demi par les djihadistes. Cela m’a donné encore plus envie d’alimenter ma page Facebook", nous détaille cet activiste, très sollicité par les médias internationaux ces derniers mois.

Des gros cachets en échange d’images exclusives

Des propositions de collaborations, il en a reçues beaucoup : "Je reçois des dizaines d’offres de médias et d’agences de presse. On me propose de très grosses sommes d’argent en échanges d’images exclusives des djihadistes et de leurs différents QG. Mais je ne suis pas là pour filmer cela, encore moins m’enrichir sur la misère des Syriens. De plus, si j’acceptais, Daech pourrait facilement me retrouver en retraçant les virements bancaires. Et puis, ça se verrait sur mon mode de vie", s’amuse Abou Sham, qui précise vouloir continuer sa démarche seul et surtout "marquer l’Histoire en tant qu’homme indépendant et courageux."

"C’est difficile de prendre ces images et de les poster sans se faire attraper. Je fais cela dans des cybercafés. Comme l’Etat islamique ne me soupçonne pas, je suis libre de me déplacer où je veux. Du coup je vais régulièrement voir des amis en Turquie et ça me permet de décrocher un peu", détaille Abou Sham à metronews, en précisant être très prudent. "Après avoir diffusé sur Facebook des cages que l’EI a installées dans la rue pour punir les hommes commettant des petits délits (pantalons trop serrés, fumeurs ou étant dans la rue aux heures de prières), ils ont décidé de me rechercher. Ma tête est mise à prix. Des hommes sont payés pour me retrouver. Je montre pourtant la réalité mais pour eux, je leur cause du tort", conclut le jeune homme au courage hors normes.

VOIR AUSSI >> Notre dossier sur l'Etat islamique

#ريف_حلب_الشرقي#منبجالحمدلله قمت بنفسي بتصوير عدت مقاطع توثق الأقفاص الحديدة المنتشرة في أغلب مناطق تنظيم الدولة لمحاسبة الناس التي تعيش بظل الخلافة والتي يعاقب بها الشخص عن اسباب عدة ومنها :1-التشبه بالنساء2-التأخر عن الصلاة3-حلاقة الذقن4-التدخين5-عدم تطبيق القرارت الجديدة ( أصحاب محلات) والكثير من القرارات..وعدم تطبيق هذه البنود من قبل الناس تؤدي لوضع الشخص داخل هذا القفص الحديد بمدة زمنية غير محددة.. وهذا الفيديو ...#قفص_مدينة_منبج

Posted by ‎ Abo SHaM أبو شام الرقة ‎ on mardi 1 septembre 2015

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