Accord sur le nucléaire iranien : qui est Javad Zarif, l'homme qui a réconcilié Téhéran et Washington ?

Accord sur le nucléaire iranien : qui est Javad Zarif, l'homme qui a réconcilié Téhéran et Washington ?

PORTRAIT - Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, apparaît comme l'homme-clé des négociations qui ont permis d'aboutir mardi à un accord historique sur le nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances.

Libé le surnomme "le Talleyrand de Téhéran" , les Échos estiment que "l'Iran a trouvé son Dr Henry Kissinger" . Le jovial et énergique Mohammad Javad Zarif aura fait étalage de son art de la diplomatie durant les 21 mois de négociations qui ont abouti, mardi, à un accord historique sur le nucléaire iranien . Si son pays a accepté de limiter ses ambitions nucléaires pendant plusieurs années (le président Hassan Rohani a même promis dans la foulée que l'Iran ne se doterait "jamais" de l'arme atomique), en échange d'une levée progressive et réversible des sanctions internationales, c'est largement grâce à lui.

Le plus Américain des Iraniens

Pour conduire ces négociations compliquées, Mohammad Javad Zarif aura pu compter sur sa connaissance des arcanes de la politique américaine : ce fils d’un riche marchand de tissus de Téhéran a étudié aux Etats-Unis (il est notamment docteur en droit international de l’université de Denver), et a travaillé à New York comme diplomate aux Nations unies, y devenant ambassadeur entre 2002 et 2007. Des années qui lui ont d'ailleurs valu d’être jugé comme "trop américanisé" par les ultraconservateurs et de se voir mis à l’écart par l’ex-président Mahmoud Ahmadinejad en 2007. Il reviendra en grâce à la faveur de l’élection de Hassan Rohani en 2013, même si sa "diplomatie du sourire" reste contestée par les faucons de son pays.

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Ce négociateur acharné - au point d'être parfois apparu en fauteuil roulant lorsque des douleurs au dos menaçaient sa présence à la table des négociations -, âgé de 55 ans, est par ailleurs l’un des rares responsables iraniens à posséder un compte officiel en anglais sur Twitter , ce qui est en principe interdit en Iran. Il n’a pas hésité non plus à utiliser Youtube pour faire passer ses messages en Occident. Javad Zarif le chiite, qui aime à rappeler qu'il ne craint qu'une "seule puissance dans l'univers, Allah", aura su établir une relation de confiance avec son homologue américain John Kerry, alors que leurs deux pays étaient brouillés depuis plus de 35 ans. Mardi, le ministre des Affaires étrangères de Téhéran a salué un "moment historique" et l'ouverture d'un "nouveau chapitre" dans les relations entre l'Iran et les grandes puissances. Il en aura été le principal artisan.

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