Accords de Paris : selon Macron, Trump l'a "écouté" (mais il reste encore du boulot)

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OPTIMISME - Dans le "JDD" du dimanche 16 juillet, Emmanuel Macron assure que Donald Trump "l'a écouté" sur les questions environnementales et la sortie de l'accord de Paris. Pourtant, toutes les actions du président américain depuis sa prise de fonction confirment un mépris total du sujet. Piqûre de rappel.

Il ne cache pas son optimisme. Après avoir reçu le couple Trump à l'Elysée, Emmanuel Macron l'affirme : au sujet de l'environnement, "Donald Trump [l]'a écouté". En dépit de la sortie tonitruante des Etats-Unis de l'accord de Paris conclu lors de la Cop 21, le président Macron veut croire que son homologue a "compris le sens de [sa] démarche, notamment le lien qui existe entre réchauffement climatique et terrorisme." Sûr de son influence, le Président français poursuit : "Il m'a dit qu'il allait essayer de trouver une solution dans les prochains mois." 


Il précise encore, dans le JDD du dimanche 16 juillet : "On a parlé dans le détail de ce qui pourrait lui permettre de revenir dans l'accord de Paris. Je pense qu'il a vu aussi [chez lui] la mobilisation des villes, des Etats, du monde des affaires et de son propre entourage pour que les Etats-Unis restent engagés dans la lutte contre le réchauffement. C'est important de maintenir le dialogue pour que les Etats-Unis puissent à terme réintégrer le champ de l'action contre le réchauffement climatique et jouer le jeu du multilatéralisme."


Une vision un peu trop confiante ? C'est possible. Car outre la sortie de l'accord de Paris, rappelons que depuis sa prise de fonctions, Donald Trump n'a eu de cesse de détricoter les quelques décrets pris en faveur de l'environnement par la précédente administration. Tour d'horizon des attaques environnementales déjà actées par un président américain qui promet aujourd'hui de réfléchir : 

  • 1Le "Clean power plan" ? Pour quoi faire ?

    "Pour la croissance et pour l'environnement". C'est ainsi que Donald Trump a justifié son détricotage en règle du "Clean Power plan" (plan pour une énergie propre), signé en 2015 par Obama. 

    Son décret de "promotion de l'indépendance énergétique" revient ainsi sur les limites imposées aux émissions de carbone des centrales électriques et remet l'exploitation du charbon au premier plan, au détriment des énergies renouvelables. La nomination d'un certain Scott Pruitt, pro-charbon acharné, à la tête de l'Agence de protection de l'environnement américaine, n'est certainement pas pour rien dans cette décision. 

  • 2Vers une exploitation des ressources de l'Arctique

    Barack Obama s'était chargé d'interdire les forages en mer dans certaines zones de l'Arctique jusqu'en 2022. Un sancuaire marin qui ne devrait bientôt plus être exempt d'exploitation d'hydrocarbures, Trump estimant ainsi que son "pays a la chance d'avoir des ressources naturelles incroyables, parmi lesquelles des réserves abondantes de gaz et de pétrole offshore". 

  • 3Bye Bye les "monuments nationaux"

    Au mois d'avril, le président Trump a, par décret, décidé de s'attaquer aux "monuments nationaux", à l'instar du Giant Sequoia National Monument. Des zones protégées de l'Ouest américain délimitées où, là encore, l'exploitation minière et immobilière a été interdite.

    Une démarche qui ressemble, selon l'administration Trump, à une "appropriation outrancière de terres par le gouvernement fédéral". A charge donc d'un secrétaire à l'Intérieur de se pencher sur la mise à l'abri de ces 40.000 hectares de zones protégées.

  • 4Des "pipeline" géants

    C'était le 24 mars dernier. En accord avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, Donald Trump a donné son feu vert pour la construction du gigantesque oléoduc "Keystone XL", qui traversera les Etats-Unis du nord au sud, de la province candienne de l'Alberta aux usines de raffinage américaines situées dans le golfe du Mexique. 

    Une autre pipeline, le "Dakota Access", verra elle aussi le jour. Sa construction avait un temps été suspendue pour des raisons environnementales... qui ne semblent plus guère embarrasser le nouveau président. 

  • 5Les Grands Lacs menacés

    Ils représentent 18% de la réserve d'eau douce de la planète. Pourtant, le président Trump a jugé judicieux de baisser de 97% le budget alloué au plan de sauvegarde des Grands Lacs (Erié, Ontario et Michigan). De 300 millions de dollars par an, il devra désormais se satisfaire de 10 millions uniquement. 

Reste à savoir si, de retour à la Maison Blanche, Donald Trump mettra son épiphanie à profit. Son entourage, majoritairement opposé à tout progressisme en matière d'énergies renouvables, ne devrait pas oeuvrer dans ce sens. 

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