Accueil des migrants : ce que prévoit l'accord européen

ENTENTE - Réunis à Bruxelles depuis jeudi après-midi pour un sommet tendu, les 28 dirigeants de l'UE ont finalement trouvé un accord vendredi au petit matin sur les migrations. Voici ce que prévoit le texte.

Dans un contexte tendu, où l'Italie menaçait de quitter la table des négociations faute d'engagements précis, les 28 pays de l'Union européenne ont trouvé vendredi matin un accord au bout de la nuit sur l'accueil des migrants, après des tractations marathon entamées la veille en début de soirée.


"C'est la coopération européenne qui l'a emporté", s'est aussitôt félicité Emmanuel Macron devant la presse, jugeant que "la solidarité que nous devons aux pays de première entrée a été actée". 

Des "centres contrôlés" dans les pays "volontaires"

Parmi les solutions avancées, notamment par la France et l'Italie, a ainsi été retenue la création de "centres contrôlés" dans des pays européens "volontaires", où seront débarqués les migrants arrivant dans les eaux européennes.  Les migrants éligibles à l'asile pourraient ensuite être répartis depuis ces lieux dans d'autres pays européens, eux aussi volontaires, répondant ainsi au souhait italien d'une "responsabilité partagée" pour tous les migrants arrivant en Europe.


L'Italie, qui a salué cette proposition, n'a toutefois pas précisé pour autant si elle créerait de tels lieux sur son sol. Le texte parle de centres "contrôlés", et non "fermés" comme le proposait la France, sans que le sens de cette nuance ne soit encore clair.

Des "Plateformes de débarquement"

Les dirigeants des 28 appellent à "explorer rapidement" le "concept" encore flou de "plateformes régionales de débarquement" de migrants secourus en mer hors d'Europe, en coopération avec le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale des migrations (OIM), pour dissuader les traversées de la Méditerranée.  Aucun pays tiers ne s'est jusqu'à présent proposé pour héberger de tels lieux d'accueil des migrants secourus dans les eaux internationales, où il est question de distinguer les migrants irréguliers des demandeurs d'asile admissibles dans l'UE, "dans le respect du droit international". Le Maroc et l'Albanie ont déjà fait savoir  qu'il n'accepteraient pas de tels centres. Et ces lieux suscitent encore beaucoup de doutes parmi les pays européens, sur les contours concrets des "plateformes" comme sur la compatibilité avec le droit international de ces débarquements hors d'Europe.

"L'Italie n'est plus seule"

"L'Italie n'est plus seule"

C'est "un très bon compromis", a commenté le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. "Il y a des déclarations sur des relocalisations (ndlr : répartition de demandeurs d'asile) sur une base volontaire et elles sont basées sur le consensus", a-t-il ajouté.


"L'Italie n'est plus seule", s'est réjoui de son côté le chef du gouvernement populiste italien Giuseppe Conte qui avait fait monter la pression sur ses partenaires européens. Il avait notamment bloqué l'adoption d'une première salve de conclusions, portant sur la défense et le commerce, avant même que ne commence les débats sur les migrations.

Le règlement Dublin pose toujours problème

Le sommet devait initialement permettre de débloquer la réforme du régime d'asile européen, enlisée depuis deux ans. Mais cet objectif a été abandonné, les divergences étant trop fortes sur la réforme du règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile.


La Commission propose de déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition des demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivée. Mais des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l'Autriche, s'y opposent frontalement. L'Italie demande de son côté un système permanent de répartition, et l'abandon pur et simple du principe de la responsabilité du pays d'arrivée.

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