Accusé d'agressions sexuelles, le juge Kavanaugh, favori de Trump à la Cour suprême, fait valoir sa chasteté au lycée pour se dédouaner

Accusé d'agressions sexuelles, le juge Kavanaugh, favori de Trump à la Cour suprême, fait valoir sa chasteté au lycée pour se dédouaner

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INTERVIEW - Alors qu'il fait face depuis ce dimanche à une nouvelle accusation d'inconduite sexuelle, le magistrat conservateur de 53 ans a accordé une interview-confession à la chaîne Fox News dans laquelle il clame son innocence, faisant même valoir sa chasteté durant ses jeunes années.

Un adolescent puis un étudiant prude. C'est l'image que le juge Kavanaugh voulait que les téléspectateurs gardent de lui, après son interview-confession sur la chaîne Fox News, ce lundi. Soucieux de déconstruire l'image de jeune fêtard, esquissée par ses deux accusatrices, le candidat de Donald Trump à la Cour suprême n'a pas hésité à livrer des détails intimes et à mettre son absence de vie sexuelle au moments des faits qui lui sont reprochés sur la table. "Je n'ai pas commis d'agression sexuelle, je n'ai pas eu de rapport sexuel, ni rien s'en approchant, pendant toutes mes années de lycée et pendant plusieurs années ensuite", a-t-il ainsi détaillé, assurant s'être concentré sur ses études et le sport. "Je ne suis pas parfait (...) Mais je n'ai jamais rien fait de tel", a-t-il reconnu accompagné de sa femme Ashley. 


Resté à l'écart des caméras ces dernières semaines, le magistrat ultra-conservateur de 53 ans a accordé cet entretien exclusif à la chaîne préférée du président Trump, à quatre jours de l'audition publique de sa première accusatrice. Tout comme lui, Christine Blasey Ford, doit en effet témoigner publiquement devant la commission judiciaire du Sénat, chargée d'évaluer sa candidature. Pour rappel, le Sénat a le dernier mot pour les nominations à vie à la Cour suprême, plus haute juridiction américaine appelée à trancher les questions de société épineuse, comme le droit à l'avortement ou le contrôle des armes à feu.

Un "homme bon et respectable"

Il y a huit jours, alors que la confirmation du juge Kavanaugh semblait en bonne voie, cette universitaire de 51 ans, l'a accusé d'une agression sexuelle remontant à leurs années de lycée dans la banlieue de Washington. Elle affirme que le jeune Kavanaugh et un ami, "complètement ivres", l'ont isolée dans une chambre et que le futur juge l'a plaquée sur un lit  essayant de la déshabiller avant qu'elle ne réussisse à fuir. Ce dimanche, une deuxième accusatrice, Deborah Ramirez, 53 ans, a encore noirci le tableau. Elle a déclaré dans le New Yorker (à l'origine des révélations sur Harvey Weinstein, ndlr) que, lors d'une soirée arrosée à l'université de Yale dans les années 1980, Brett Kavanaugh avait sorti son sexe devant elle, la contraignant à le toucher alors qu'elle le repoussait.


Quelques instants après l'interview, le New York Times publiait un article consacré au juge dans ses jeunes années. Y figurait notamment, texte du candidat ultra-conservateur à l'appui, sa propension à s'alcooliser violemment, mais également, toujours dans ce texte de présentation figurant dans le livre de fin d'année de sa promotion, à se présenter comme "Renate Alumnus". Une expression renvoyant à une de ses camarades (laquelle avait signé une tribune avec 64 autres personnes pour disculper Kavanaugh, ndlr) qui a jugé l'insinuation "horrible, blessante et fausse. Je prie pour que leurs filles (Kavanaugh n'était pas le seul à utiliser l'expression, ndlr) ne soient jamais traitées de cette façon.


"Nous n'allons pas nous laisser décourager par de fausses accusations", a confié Brett Kavanaugh avec émotion sur Fox News martelant "n'avoir jamais commis d'agression sexuelle". Le processus de confirmation est "incroyablement difficile, mais nous avons foi", a renchéri son épouse, assurant n'avoir jamais douté de son mari, un "homme bon et respectable" selon elle.

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