Accusée d’avoir publié des "fake news" sur demande de Trump, la chaine Fox News a été assignée

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FAIL - La guerre de l'information continue outre-Atlantique, avec une nouvelle affaire de "fake news". La chaîne Fox News aurait publié un article sur la mort de Seth Rich, un jeune démocrate assassiné l'année dernière, et étayant la thèse d'un meurtre politique. Le souci : l'expert cité dans ce papier affirme qu'il n'a jamais tenu de tels propos. La justice a été saisie.

Depuis la campagne présidentielle, les "fake news" sont devenues légion aux Etats-Unis. Et ils ne proviennent pas que de sites d'information bidon. Partisans et opposants de Donald Trump se renvoient régulièrement la balle. Le président américain, lui, ne jure que par Fox News.  

Une chaîne pleine de vertus ? Pas vraiment, la chaîne d'information conservatrice est surtout un soutien sans faille de la présidence de Donald Trump. Pour son sérieux, il faudra repasser. Dernier événement en date : ce média est accusé d'avoir diffusé de fausses informations, pour affaiblir le camp démocrate, et ce, à la demande du président lui-même. Retour sur cette affaire qui fait le Une de la presse américaine.

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Aucune preuve formelle

La fausse information en question concerne le meurtre de Seth Rich, un employé du comité national du Parti démocrate (DNC) survenu mi-juillet 2016. Le jeune homme a été tué par balles, non loin de son domicile, à Washington. Selon l'enquête officielle, Seth Rich était au mauvais endroit, au mauvais moment : un vol à main armée qui aurait mal tourné. Mais plusieurs sites internet et médias conservateurs ont rapidement présenté une toute autre version de l'affaire : un assassinat politique. Selon cette théorie, Seth Rich aurait communiqué à Wikileaks, la plateforme de publication de documents secrets, des courriers électroniques internes au comité national du Parti démocrate, avant d'être découvert et assassiné. Un scénario digne de Hollywood et qui ne reposait sur aucune preuve formelle.

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Depuis, ce meurtre continue de faire parler de lui outre-Atlantique. Mi-mai, Fox News publie, sur son site Internet, un article accréditant à nouveau la thèse de l'assassinat politique. Le papier s'appuie sur des citations de Rod Wheeler, consultant pour la chaîne sur les questions de sécurité, police et justice. Il y indique que Seth Rich avait bien transmis des courriers électroniques à Wikileaks et qu'un haut responsable s'attachait à bloquer l'enquête sur cette affaire. Le problème, c'est que le principal intéressé affirme ne jamais avoir tenu de tels propos. Ces citations, constituant la seule source de l'article, sont inventées. Le consultant a saisi, ce mardi, le tribunal fédéral de Manhattan, selon le document de l'assignation que l'AFP a pu consulter.

Et Rod Wheeler va plus loin dans ces accusations. Il estime que la journaliste de Fox News, auteure de l'article, aurait travaillé en collaboration avec un autre consultant de la chaîne, proche de l'équipe Trump, Ed Butowsky, également visé par l'assignation.

Ces deux protagonistes auraient monté cette histoire de toutes pièces pour affaiblir les démocrates et soulager la pression pesant sur Donald Trump et plusieurs membres de son équipe, soupçonnés d'avoir collaboré avec la Russie. Le consultant assure également que le président lui-même aurait lu l'article avant publication et aurait demandé instamment qu'il soit mis en ligne, quelques heures avant la publication.

Fox News et la Maison blanche réfutent ces accusations

L'article n'est déjà plus en ligne. Fox News l'avait retiré quelques jours après sa publication, expliquant qu'il n'avait pas été soumis à "l'examen éditorial le plus exigeant" et ne respectait pas les "standards" de la chaîne en matière d'information. Cependant, le président en charge de l'information de Fox News, Jay Wallace, nie en bloc les accusations de Rod Wheeler, les jugeant "complètement fausses", selon une déclaration écrite transmise à l'AFP.  L'article incriminé fait l'objet d'une enquête interne en cours, "et nous n'avons aucune preuve que Rod Wheeler ait été cité de manière erronée" par l'auteure de l'article, a-t-il ajouté.

Et du côté de la Maison Blanche ? Mardi la porte-parole Sarah Huckabee Sanders est montée au créneau, lors d'un point presse.  "Le président n'a pas connaissance de l'histoire et il est complètement faux (de dire) que lui ou la Maison Blanche aient été impliqués", a-t-elle indiqué.

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