Facebook censure "par erreur" des médias palestiniens, avant de présenter ses excuses

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CENSURE - Le réseau social a dû présenter ses excuses après avoir suspendu la semaine dernière plusieurs comptes de journalistes et de médias palestiniens. Entre temps, un hashtag a fait son apparition sur Facebook, ainsi que sur Twitter, accusant le réseau social de censure.

Et si Facebook prenait encore plus le contrôle du monde dans lequel nous vivons  : au point d’empiéter sur la manière dont nous nous informons ? A l’origine de controverses récurrentes, les règles de modération de Facebook sont une nouvelle fois pointées du doigt par des utilisateurs du réseau social : plusieurs journalistes, qui travaillent pour les agences de presse palestiniennes Shebab News et Quds News, affirment que leurs comptes Facebook ont été suspendus la semaine dernière, sans aucune justification de la part du géant américain, rapporte ce lundi la chaîne Al-Jazeera.

Les sept journalistes concernés, dont les comptes été débloqués depuis, ont appelé ce week-end au boycott du réseau social : "Nous demandons que l’administration de Facebook clarifie davantage les mécanismes par lesquels sont implémentés des accords entre [elle] et les États, y compris cet accord, et d’annoncer les conditions qui permettent à l’administration de Facebook de violer les libertés personnelles d’internautes". Selon eux, Facebook a bloqué leurs comptes suite au récent accord conclu entre le réseau social et le gouvernement israélien pour lutter contre les "contenus haineux" sur le réseau.

Des militants propalestiniens appellent au boycott de Facebook

Et la réaction ne s'est pas fait attendre. Un hashtag accusant le réseau social de censure a fait rapidement son apparition sur Facebook, puis sur Twitter, obligeant le groupe américain à s’expliquer : "Notre équipe évalue des millions de signalements chaque semaine, et parfois nous avons tort. Nous sommes vraiment navrés de cette erreur", a reconnu un porte-parole de Facebook interrogé par le site de la chaîne d'information  Al Arabya. Plusieurs utilisateurs auraient alerté Facebook via son outil de signalement quant à la présence de contenus qui ne respecteraient pas les règles édictées par le réseau social. 

"J'appelle Zuckerberg à en assurer le contrôle !"

Lors d’une rencontre avec les autorités israéliennes, le réseau social s’est engagé mi-juillet à supprimer "tous les contenus palestiniens qui incitent au terrorisme", au même titre que les vidéos de l’Etat islamique. Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, avait accusé alors Facebook de participer indirectement aux agressions qui sévissent dans le pays. "Les incitations, le dialogue et les mensonges de la jeunesse palestinienne interviennent sur Facebook… J’appelle Zuckerberg à en assurer le contrôle !”, avait-il déclaré le 2 juillet dernier à la télévision publique israélienne.

Estimant que le réseau social n’en faisait pas assez pour supprimer les comptes et messages liés au Hamas, considéré comme une organisation terroriste outre-Atlantique, l’ONG Shurat Hadin avait décidé d'attaquer legroupe américain en justice aux Etats-Unis, en juillet dernier.  A en croire le cabinet du ministre de la Sécurité intérieure, interrogé par le Guardian, les autorités israéliennes et Facebook se sont mis d’accord pour "créer des équipes qui trouveront comment mieux surveiller et supprimer les contenus incendiaires". Espérons qu'ils fassent mieux la prochaine fois...

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