Accusé de chantage envers le roi du Maroc, Eric Laurent s'explique

Accusé de chantage envers le roi du Maroc, Eric Laurent s'explique

DÉFENSE - Soupçonné d'avoir voulu faire chanter le roi du Maroc, Mohammed VI, grâce au livre qu'il préparait sur le royaume, le journaliste français Eric Laurent, mis en examen pour chantage et extorsion de fonds, a livré sa version des faits dans une interview au Monde. Il réfute les faits qui lui sont reprochés et continue d'affirmer qu'il a été piégé.

Il nie tout "chantage". Selon le journaliste Eric Laurent, qui a accordé un entretien au journal Le Monde , la rencontre qu'il a dans un premier temps sollicitée auprès du secrétaire du roi du Maroc, Mounir El Majidi, visait à recouper des éléments de l'enquête qu'il menait sur le royaume. Mais à la place du secrétaire du roi, c'est un avocat du palais, dénommé Hicham Naciri, qu'il va rencontrer et les conversations vont rapidement porter sur la non-parution de l'ouvrage.

Ainsi, la question de l'achat du silence d'Eric Laurent et de sa consœur Catherine Graciet surgit dès la première rencontre entre le journaliste et l'avocat. "Au moment de la première rencontre, il amène cette idée. Et là, je dis, mais sans y croire : 'Si vraiment on arrête de faire le livre, étant donné le sujet, écoutez… trois [millions d’euros].’ Il dit : ‘O.K., mais il me faut les sources'", raconte le journaliste.

Catherine Graciet "était au courant"

Aucune volonté d'extorsion, affirme donc Eric Laurent, qui rapporte également que lors du deuxième entretien avec Hicham Naciri, le 23 août, ce dernier "a son téléphone posé sur la table". Une rencontre, qui selon ses dires, va laisser une étrange sensation au journaliste. "C’est un rendez-vous qui me laisse perplexe parce que je vois un personnage qui commence à reformuler tout ce que nous avions échangé la semaine précédente, y compris cette somme de 3 millions d’euros, qu’il met dans ma bouche ", poursuit Eric Laurent.

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De l'argent contre son silence, le journaliste assume. "Je pense que j’ai fait des livres qui ne souffrent pas la moindre critique éthique et déontologique. Et là, en l’occurrence, il y avait à la fois le sujet qui était explosif, il y avait la proposition qui m’a été faite et la situation dans laquelle j’étais. […] C’est une tentation, pas un chantage."

Quant à sa consœur, qui affirme que c'est lui qui a tout organisé, le journaliste contre-attaque : "Elle était au courant. Je la tenais informée de tout, après chaque rencontre. Elle ne peut pas prétendre [le contraire]… "

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>> Deux journalistes français soupçonnés d'avoir fait chanter Mohammed VI, le roi du Maroc

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