Ado noir tué par la police : la bavure tourne à l'émeute raciale

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ETATS-UNIS - Malgré les appels au calme dont celui du président Barack Obama, la situation est loin de s'apaiser à Ferguson, dans le Missouri. La mort d'un jeune noir, tué de plusieurs balles par un officier de police samedi, fait l'objet de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre.

L'appel au calme de Barack Obama n'aura rien changé. La petite ville de Ferguson, dans le Missouri, a connu mercredi sa quatrième nuit d'émeutes, après la mort d'un jeune noir tué de plusieurs balles par un officier de police samedi. Gaz lacrymogènes et fumigènes ont été tirés par la police sur des manifestants, en majorité issus de la communauté afro-américaine, venus réclamer justice pour Michael Brown, l'adolescent abattu. Certains ont été blessés par des tires de balles en caoutchouc, d'après des journalistes sur place, qui ont également constaté des jets de cocktails Molotov tirés depuis la foule sur les forces de l'ordre.

Cette nouvelle nuit de tension a également été marquée par plusieurs arrestations, dont celle d'un conseiller municipal de Saint-Louis, au cœur du mouvement de protestation depuis la mort de Michael Brown. Il serait accusé d'avoir participé à "un rassemblement interdit". Deux journalistes, venus couvrir les événements, ont également été arrêtés par la police alors qu'ils travaillaient dans un McDonald’s. Wesley Lowery, reporter au service politique du Washington Post, et Ryan Reilly, du Huffington Post, ont raconté leur arrestation et les échanges tendus avec la police dans un article ( disponible ici en anglais ).

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Les appels au calme se multiplient. Mercredi soir, le gouverneur de l'Etat du Missouri (démocrate) a réagi pour la première fois depuis le début de ces tensions. "J'appelle au calme et demande aux forces de l'ordre de respecter les droits des résidents et de la presse", a déclaré Jay Nixon sur Twitter.

L'appel au calme de Barack Obama

La veille, c'est le président Barack Obama lui-même qui est intervenu, en appelant à l'apaisement et au dialogue dans un communiqué. "La mort de Michael Brown est douloureuse et Michelle et moi-même faisons part de nos sincères condoléances à sa famille et sa communauté", a indiqué le Président, rappelant que le FBI avait lancé une enquête fédérale, en parallèle de celle menée par la police locale, pour faire la lumière sur le drame de samedi. Et d'appeler au dialogue et à la compréhension : "Nous devrions nous réconforter et parler ensemble de façon apaisante et non blessante".

Une déclaration loin du ton très personnel qu'il avait emprunté deux ans plus tôt, au sujet de l'affaire Trayvon Martin, à laquelle est aujourd'hui comparée celle de Michael Brown. Après l'assassinat de ce jeune garçon noir, le Président avait alors déclaré  : "Lorsque Trayvon Martin a été abattu, j'ai dit qu'il aurait pu être mon fils. Une autre façon de le dire, c'est qu'il y a 35 ans, j'aurais pu être Trayvon Martin".

L'identité du tireur tenue secrète

Sur les réseaux sociaux, où l'affaire connaît aussi un retentissement très important, l'heure n'est pas non plus à l'apaisement. Un hashtag #IfTheyGunnedMeDown ("si la police m'abattait") a été lancé par la communauté afro-américaine en soutien à la victime et pour protester contre le traitement de l'affaire dans les médias. Le groupe de pirates informatiques Anonymous, dont certains membres présumés se sont joints aux manifestations, a de son côté lancé ce qu'il a nommé l'"Opération Ferguson". Une véritable opération de communication sur les réseaux sociaux visant les forces de police de la ville.

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Après avoir publié l'enregistrement des échanges radios de la police le jour où Michael Brown a été tué (dont l'authenticité n'a pas été démontrée), le groupe menace désormais de divulguer l'identité de l'officier de police qui a fait feu sur Michael Brown dans les prochaines heures. Une révélation qui pourrait s'avérer explosive, alors que le chef de la police de Ferguson a précisé la veille que l'identité du tireur serait tenue secrète en raison de menaces de mort qu’il a reçues. 

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