Affaire des sous-marins : "Les Américains nous ont humiliés", estime Jean-Louis Bourlanges

Affaire des sous-marins : "Les Américains nous ont humiliés", estime Jean-Louis Bourlanges

INTERVIEW - Invité ce mercredi sur LCI, Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale, a exprimé sa colère quant à l'attitude des Américains dans l'affaire des sous-marins. Pour lui, il s'agit d'une humiliation.

"Trahison", "coup dans le dos", "duplicité"... Depuis l'annulation du "contrat du siècle" le 15 septembre dernier, Paris n'a pas de mots assez durs pour qualifier le comportement des Australiens, Britanniques et Américains dans l'affaire des sous-marins, affirmant avoir été maintenus dans le brouillard pendant qu'ils négociaient entre eux. Invité ce mercredi sur LCI, Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale, n'a pas non plus caché sa colère. Pour lui, il s'agit purement et simplement d'une humiliation.

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"Ce qu’on découvre jour après jour sur cette affaire est terrifiant", estime-t-il. "Les Australiens ont changé d’attitude avec une brutalité extrême", ajoute-t-il, précisant ne pas être particulièrement étonné par cette attitude. "Dans les chancelleries, il y a un oxymore que l'on dit toujours : 'diplomate australien', parce que les Australiens ne sont pas connus pour leurs vertus diplomatiques", rapporte-t-il.

Mais, pour Jean-Louis Bourlanges, si "les Australiens sont durs, sont maladroits", que "le Premier ministre est un personnage très particulier et infiniment moins sympathique et intelligent que son prédécesseur", et que les Anglais "sont ce qu'ils sont", les Américains, eux n'ont aucune excuse.

Ce qu'ils ont fait depuis deux ans n'est pas une incartade amoureuse, c'est un adultère de longue durée.- Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale.

"On voit désormais que les Américains étaient dès le début dans une situation de duplicité absolue", fustige-t-il. "Toute la construction politique qui a été menée par Blinken et Biden vis-à-vis de nous était basée sur le mensonge, sur la défiance et sur une rupture du contrat qui est inimaginable entre alliés." "Ce qu'ils ont fait depuis deux ans n'est pas une incartade amoureuse, c'est un adultère de longue durée", insiste le président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale. 

Selon lui, la réaction d'indignation de Jean-Yves Le Drian est "très justifiée". "Les Américains nous doivent quelque chose. C'est un énorme préjudice", explique-t-il, dénonçant un manquement aux usages, à la morale, à la règle de droit et à la solidité de l'Alliance.

Ils ont choisi de nous humilier, de nous rouler dans la farine.- Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale.

Pour Jean-Louis Bourlanges, il ne fait aucun doute que les Américains se sont tirés une balle dans le pied. "Aujourd'hui nous sommes sans doute l'Allié le plus motivé, le plus attentif à la réalité militaire des États-Unis et ils ont choisi de nous humilier, de nous rouler dans la farine", fait-il remarquer

"La priorité donnée par les Américains au Pacifique fait qu'ils ont besoin d'une Europe plus forte, militairement plus organisée, politiquement plus volontaire, notamment en Méditerranée", ajoute-t-il en rappelant qu'au début de son mandat, Joe Biden avait pourtant exprimé la volonté de resserrer les liens avec ses alliés. 

Faut-il pourtant sortir de l'Otan, comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon le proposent ?  "Quand il pleut, il y en a toujours un qui propose la politique de Gribouille, qui consiste à se jeter à l'eau. Mais ce n'est pas forcément le bon système", explique Jean-Louis Bourlanges. "Est-ce que nous avons des valeurs communes aux pays d'Europe occidentale, aux États-Unis, à l'Angleterre ? Oui ! Nous défendons une certaine idée de l'Homme, de la démocratie", dit-il "L'Otan est une organisation militaire, et non politique. Donc les rapports entre la Chine et le monde occidental ne doivent pas se régler politiquement à l'intérieur de l'Otan, mais entre l'UE et les États-Unis", note-t-il.

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Suite à cette affaire, la commission des Affaires étrangères va enquêter et ouvrir une mission d'information avec la commission des forces armées. "On va chercher d'abord à comprendre, parce qu'on voit bien qu'on ne connaît encore maintenant que la face émergée de l'iceberg. Il y a toute une réserve de mauvais secrets", affirme-t-il. Pour Jean-Louis Bourlanges, il s'agit d'une crise "très profonde", "comparable en intensité à celle de Suez en 1956."

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