Affaire Khashoggi : une rapporteure de l'ONU dit détenir "des preuves crédibles" de l'implication du prince héritier saoudien MBS

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Meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi

MISE EN CAUSE - Selon une rapporteure spéciale de l'ONU, il existe des "preuves crédibles" de l'implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste et critique saoudien Jamal Khashoggi, survenu en octobre dernier à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul. Cette dernière réclame l'ouverture d'une enquête internationale concernant "MBS".

L'affaire Khashoggi resurgit, huit mois après l'assassinat du journaliste saoudien à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul. Ainsi, selon la rapporteure spéciale des Nations unies, Agnès Callamard, qui accuse l'Arabie saoudite de "l'exécution extrajudiciaire" du critique du pouvoir saoudien, a enquêté pendant six mois sur l'affaire et en a tiré des conclusions inquiétantes.


"Cette enquête (...) a démontré qu'il y a suffisamment de preuves crédibles concernant la responsabilité du prince héritier qui exige une enquête supplémentaire", a-t-elle révélé dans son rapport final transmis mercredi à la presse. "Il existe des éléments de preuve crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle de hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier", précise le rapport.

Un rapport appuyé "avec force" par la Turquie

Outre la demande de l'ouverture d'une enquête internationale concernant la responsabilité de "MBS", Mme Callamard a également appelé à la poursuite des sanctions imposées par plusieurs pays, dont les Etats-Unis, contre 17 individus pour leur rôle dans le meurtre de Khashoggi. Elle estime néanmoins que les sanctions en question ne sont pas suffisantes, ne prenant pas en compte la question de la responsabilité de "la chaîne de commandement".


"Compte tenu des preuves crédibles concernant les responsabilités du prince héritier dans son assassinat, de telles sanctions devraient également inclure le prince héritier et ses biens personnels à l'étranger", explique la rapporteure spéciale des Nations unies. Ses recommandations ont été appuyées "avec force" par la Turquie, pour "élucider le meurtre de Khashoggi et demander des comptes à ceux qui en sont responsables".

Il était lui-même pleinement conscient des pouvoirs du prince héritier et il le craignait.Agnès Callamard, rapporteure de l'ONU, à propos de Jamal Khashoggi.

Toujours selon Agnès Callamard, Jamal Khashoggi semblait tout à fait conscient de la menace émanant de l'Arabie saoudite et de son prince héritier : "Il était lui-même pleinement conscient des pouvoirs du prince héritier et il le craignait." Si Ryad avance que Khashoggi a été tué lors d'une opération non autorisée par le pouvoir, après avoir totalement nié le meurtre, la CIA soupçonnerait, selon la presse américaine, que l'assassinat a été probablement commandité par le prince héritier Mohammed ben Salmane.


En marge de son rapport, Agnès Callamard appelle le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à "ouvrir une enquête pénale de suivi sur l'assassinat de M.  Khashoggi afin de constituer des dossiers solides sur chacun des auteurs présumés". Lors du procès effectué en Arabie saoudite, l'accusation a innocenté MBS et mis en cause plus de 20 personnes, réclamant la peine de mort pour cinq d'entre elles. Un procès dont Agnès Callamard réclame la suspension, estimant que la procédure judiciaire n'a pas respecté les normes internationales. En outre, elle demande au FBI d'ouvrir une enquête sur ce meurtre.

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