Affaire Khashoggi : des preuves et une nouvelle perquisition au consulat saoudien

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ENQUÊTE - Le journaliste Jamal Khashoggi est porté disparu depuis son entrée au consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul. La Turquie soupçonne le royaume de l'y avoir fait assassiner. Ce que les autorités saoudiennes démentent.

Une équipe d'enquêteurs turcs a fouillé mercredi la résidence du consul d'Arabie Saoudite à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, mais également le consulat, déjà perquisitionné cette semaine.


Jamal  Khashoggi, collaborateur du Washington Post, est porté disparu depuis son entrée au consulat de son pays pour des démarches administratives le 2 octobre. Ryad est soupçonné de l'y avoir fait assassiner. Les autorités saoudiennes démentent. Une première fouille du consulat avait été effectuée dans la nuit de lundi à mardi.

Torturé pendant sept minutes

Mercredi après-midi, une quinzaine de personnes a commencé à fouiller la résidence du consul Mohammad Al-Otaibi, qui selon les médias turcs était présent au consulat quand l'assassinat supposé de Jamal Khashoggi a eu lieu. Cette perquisition aurait dû avoir lieu la veille, mais a été reportée, les autorités saoudiennes invoquant la présence de la famille du consul, qui a lui quitté le pays mardi, selon le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

Cette perquisition intervient alors que les médias turcs ont publié la retranscription d'un enregistrement audio. Celui-ci prouverait que le journaliste a été torturé pendant sept minutes dans le consulat saoudien avant d'être décapité. Les agents saoudiens auraient commencé à démembrer le journaliste alors qu'il était encore en vie. De son côté, Donald Trump demande à avoir accès à cet enregistrement "s'il existe". 

"Pourquoi l'administration Trump fait-elle le ménage pour le compte de l'Arabie saoudite?"

Et tous les soupçons semblent se tourner vers Ryad. Selon le New York Times, photos à l'appui, l'un des hommes a été identifié par les autorités turques comme faisant partie du commando de 15 agents dépêchés par Ryad et suspectés de l'avoir tué fait partie de l'entourage du prince hériter saoudien Mohammed ben Salmane, dit "MBS". Trois autres appartenaient aux services de sécurité rattachés au jeune dirigeant, selon le quotidien. Washington continue malgré tout de ménager Ryad, qui nie toute implication. Mike Pompeo s'est entretenu mardi dans la capitale saoudienne avec le roi Salmane et avec le prince héritier, considéré comme l'homme fort du royaume.


Le Washington Post, pour lequel écrivait parfois Jamal Khashoggi, résident américain permanent, a accusé Donald Trump et son gouvernement de mener une "opération de nettoyage diplomatique" pour préserver MBS, en épinglant "le large sourire" de Mike Pompeo lorsqu'il a rencontré le prince. "Pourquoi l'administration Trump fait-elle le ménage pour le compte de l'Arabie saoudite?", s'est demandé le quotidien.

Le Washington Post a publié mercredi ce qu'il présente comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi, un texte dans lequel le journaliste évoque sur le manque de liberté de la presse dans le monde arabe. "Hélas, cette situation ne changera probablement pas", déplore le journaliste dans cet éditorial transmis au quotidien par son traducteur au lendemain de sa disparition.

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Meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi

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