Soupçonné de connivence avec la Russie, le "Mr Sécurité" de Trump poussé à la démission

RIFIFI - Michael Flynn, conseiller à la sécurité de Donald Trump, était accusé d'avoir parlé au téléphone avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis des sanctions américaines contre Moscou. Il a d'abord nié les faits, avant de démissionner lundi 13 février.

C'est un homme fort de l'administration Trump qui s'en va. Empêtré dans un scandale, le conseiller à la sécurité de la Maison Blanche Michael Flynn a fini par démissionner, moins d'un mois après sa prise de fonction. Dans sa lettre de démission, Michael Flynn a reconnu avoir "par inadvertance trompé le vice-président élu (Mike Pence) et d'autres personnes avec des informations incomplètes sur (ses) discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie".


L'ancien général Michael Flynn, à la tête du puissant Conseil de sécurité nationale (NSC) de la Maison Blanche, était soupçonné d'avoir été en contact avec le Kremlin avant l'investiture du milliardaire. Entre l'élection de Donald Trump et sa prise de fonction, le diplomate américain aurait assuré l'ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, que le gouvernement républicain serait plus souple envers Moscou que l'administration de Barack Obama. Celle-ci venait d'annoncer des sanctions contre la Russie, notamment l'expulsion de diplomates russes, soupçonnée d'ingérence dans l'élection américaine. Le Washington Post puis le New York Times ont sorti l'affaire, rapportant des retranscriptions d'appels téléphoniques entre Flynn et Kislyak. 

L'administration Trump dans l'embarras

"Le président évalue la situation, il parle au vice-président [...] et à plusieurs autres personnes", avait indiqué ce lundi son porte-parole Sean Spicer, alors que tout le monde s'interrogeait sur un éventuel remplacement de Michael Flynn à ce poste stratégique. La situation était d'autant plus confuse à la Maison Blanche qu'une heure avant le communiqué de Spicer, Kellyanne Conway, proche conseillère de Donald Trump, avait affirmé que Flynn bénéficiait de "la pleine confiance" du président.


Lorsque l'existence de ces appels a fait surface en janvier, l'ancien général a d'abord nié toute évocation des sanctions et, le 15 janvier, le vice-président Mike Pence avait également démenti à la télévision.

Une défense sans conviction

Mais, acculé, le "Mr Sécurité" de Donald Trump est revenu ce vendredi sur sa version par la voix d'un porte-parole : "Bien qu'il ne se souvienne pas d'avoir parlé des sanctions, il ne peut être certain que le sujet n'a jamais été abordé". Un responsable de la Maison Blanche a alors souligné que "les commentaires du vice-président étaient basés sur ce que lui avait dit le général Flynn".


Le démocrate Adam Schiff, membre de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, a qualifié ces accusations d'"ahurissantes", estimant ce lundi que si elles étaient avérées, Michael Flynn devrait démissionner ou être démis de ses fonctions. La première option l'a emporté. Le général à la retraite Joseph Kellogg va assurer l'intérim à ce poste selon la Maison Blanche.

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