Trump menacé de destitution : ce que l'on sait du lanceur d'alerte à l'origine de l'affaire

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La procédure de destitution contre Donald Trump

ETATS-UNIS - Un appel téléphonique passé pratiquement inaperçu a provoqué le lancement d'une procédure de destitution contre Donald Trump. A l'origine de ce scandale ? Un membre des services de renseignement qui, début août, a transmis ses inquiétudes à sa hiérarchie.

"Qui est la personne qui a donné au lanceur d'alerte l'information ? Parce qu'elle s'assimile à un espion." Enregistrée à l’insu de Donald Trump, une discussion dévoilée jeudi par le Los Angeles Times témoigne de la crise dans laquelle est embourbé le président américain. L’affaire ukrainienne a en effet déclenché une procédure de destitution à son égard… et impossible pour lui de savoir qui en est à l’origine.

Le nom de ce lanceur d’alerte n'est en effet connu pour l'instant que de ses avocats et de l'inspecteur général du Renseignement national. C’est ce dernier qui a été le premier destinataire du signalement qui allait mettre le feu aux poudres : le 12 août, ce mystérieux membre des services de renseignement a rapporté un "problème urgent", se contentant d'évoquer l'Ukraine et l'appel entre les deux présidents.

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Un analyste de la CIA auparavant affecté à la Maison Blanche ?

Le document va alors être jugé "crédible" par sa hiérarchie, qui fait suivre au directeur du renseignement américain (DNI), Joseph Maguire, lequel fait suivre au Congrès. Un mois plus tard, l'affaire arrive entre les mains des démocrates et de la presse, aboutissant à la crise actuelle. Mais sans que le nom du lanceur d'alerte n'ait été diffusé. Seules quelques bribes d'informations ont filtré : selon le New York Times, c'est un analyste de la CIA qui a un temps été affecté à la Maison Blanche. Autres détails, ceux qui apparaissent dans le signalement du 12 août. A savoir qu'il est analyste de formation, qu'il connaît en détail la politique des Etats-Unis pour l'Europe, et qu'il a une "bonne compréhension" de la politique de l'Ukraine.

"Je ne sais pas qui est le lanceur d'alerte", a affirmé jeudi le directeur du renseignement national, Joseph Maguire, lors d'une audition au Congrès, assurant qu'il avait "tout fait pour protéger son identité". Son nom n'est connu pour l'instant que de ses avocats et de l'inspecteur général du Renseignement national, premier destinataire du signalement qu'il avait jugé assez "crédible" pour le transmettre au patron du renseignement.

"Les espions et la trahison, on traitait ça un peu différemment qu'aujourd'hui"

L'un des avocats du lanceur d'alerte, qui a refusé de confirmer qu'il appartenait à la CIA, a dénoncé la publication d'informations "dangereuses" pour son client. Mais celui-ci ne devrait pas rester bien longtemps dans l'anonymat : le président de la commission du Renseignement, le démocrate Adam Schiff, a assuré jeudi qu'il souhaitait désormais l'entendre. "Il est évident que nous allons faire venir le lanceur d'alerte", a-t-il dit, se félicitant que M. Maguire se soit engagé à ce qu'il "n'y ait pas de surveillant de la Maison Blanche, du ministère de la Justice ou de n'importe quelle autre (administration) qui lui dirait ce qu'il ou elle peut ou ne peut pas dire".

Une audition sans doute redoutée par Donald Trump, lequel n'a pas hésité à proférer des menaces à l'égard de son nouvel ennemi. "Vous savez ce qu'on faisait au bon vieux temps quand nous étions malins ?", lance en effet le chef de l'Etat dans l'enregistrement diffusé par le Los Angeles Times. Avant d'appuyer : "Les espions et la trahison, on traitait ça un peu différemment qu'aujourd'hui." Une référence au passé des Etats-Unis en la matière ? En 1951, les époux Rosenberg, Julius et Ethel, avaient été condamnés à mort par la justice américaine pour espionnage au profit de l'URSS et exécutés en 1953. D'autres espions ont été condamnés à de longues peines de prison. 

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