Afghanistan : ils reçoivent des menaces de mort après avoir appelé leur fils "Donald Trump"

Afghanistan : ils reçoivent des menaces de mort après avoir appelé leur fils "Donald Trump"

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POLÉMIQUE - Baptisé en hommage au milliardaire américain, un petit garçon afghan est désormais au centre d'une vive polémique sur les réseaux sociaux.

"Je ne changerai pas d'avis. Que les gens aillent au diable !" Malgré les critiques, Sayed Assadullah Pooya n'a pas l'intention de changer le nom de son fils. Celui-ci semble néanmoins difficile à porter, en particulier en Afghanistan, puisqu'il s'agit de… Donald Trump.


Le petit garçon a été nommé en hommage au milliardaire américain à sa naissance, il y a un an et demi. Son père a expliqué avoir été inspiré après avoir lu des traductions en persan de plusieurs de ses livres, dont "Comment devenir riche", emprunté dans une bibliothèque de Kaboul. "J'ai fait beaucoup de recherches sur lui et cela m'a motivé pour choisir son nom pour mon fils", a-t-il expliqué à l'AFP, souhaitant au passage que son enfant soit un jour "aussi couronné de succès que le président Donald Trump".

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Un "nom infidèle"

En attendant, le jeune Donald Trump est surtout au cœur d'une polémique dans ce pays musulman conservateur, et ce alors que les saillies de son célèbre homonyme n'ont pas épargné le monde musulman, sans parler du "muslim ban", initié début 2017. Sur les réseaux sociaux, une photo de ses papiers d'identité afghans a été publiée.  Certains usagers de Facebook sont allés jusqu'à envoyer aux parents des menaces de mort pour lui avoir donné un "nom infidèle", tandis que d'autres les accusent de mettre en danger la vie de leurs fils. Des internautes accusent même le couple d'avoir choisi ce patronyme dans l'espoir d'obtenir l'asile aux Etats-Unis, ce que dément vivement le père, un enseignant de 28 ans.

La famille du couple ne les a pas épargnés. Les grands-parents, d'abord amusés, se sont mis en colère lorsqu'ils ont compris que l'enfant porterait vraiment ce nom. Le couple a depuis coupé les ponts avec eux et s'est installé dans la capitale. Même les voisins des Sayed, dans le quartier chiite où ils résident à Kaboul, ont proféré des menaces à l'égard de la famille, leur intimant de s'en aller.


"Je ne savais pas au début que des Afghans se montreraient aussi sensibles envers un nom. Je ne m'attendais pas à cela", a estimé Sayed Assadullah Pooya. Selon ce dernier, ce sont les fonctionnaires de l'état-civil qui ont publié la photo de ses papiers, initiant une polémique qui l'a contraint à fermer son compte Facebook. Controverse ou pas, la famille n'a pas enfreint la loi en choisissant de donner un nom non islamique à leur fils, souligne Rohullah Ahmadzai, un haut responsable de l'Etat civil à Kaboul. Les papiers du garçon sont "authentiques", a confirmé M. Ahmadzai à l'AFP et ses parents ont le droit de "donner le nom de leur choix à leurs enfants".

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