Afghanistan : les talibans ne veulent plus que les "experts afghans" quittent le pays

Il y a dix jours, les talibans ont repris le pouvoir à Kaboul. Ils affirment contre toute évidence être moins extrémistes, moins fanatiques qu'avant. Faut-il les croire ? À quoi ressemble aujourd'hui la vie à Kaboul ? Reportage exclusif de TF1.

MISE EN GARDE - Les insurgés ont prévenu les Occidentaux qu'ils s'opposaient au départ d'Afghans diplômés aux côtés d'étrangers, à bord des vols d'évacuation au départ de l'aéroport de Kaboul. "Ce pays a besoin de son expertise", a défendu l'un de leurs porte-paroles.

L'évacuation d'Afghanistan des étrangers par les Occidentaux, oui, mais permettre également aux Afghans les plus qualifiés de quitter le pays, il n'en sera plus question, a prévenu mardi 24 août le nouveau régime taliban, refusant par ailleurs à nouveau tout prolongement du délai consacré à ces opérations, qui doit prendre fin au 31 août. Des "experts afghans", tels que des ingénieurs, sont exfiltrés du pays par les Américains et leurs alliés, et "nous leur demandons d'arrêter cela", a déclaré un de leurs porte-paroles, Zabihullah Mujahid, lors d'une conférence de presse à Kaboul. 

"Ce pays a besoin de son expertise", a-t-il justifié, estimant que ces Afghans qualifiés "ne devraient pas être emmenés vers d'autres pays". Les Occidentaux "ont des avions, ils ont l'aéroport, ils devraient emmener leurs ressortissants (...) hors d'ici", a ajouté Zabihullah Mujahid : "Ils ne devraient pas encourager les Afghans à fuir l'Afghanistan", a-t-il déclaré. 

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L'Afghanistan aux mains des talibans

Depuis la chute de Kaboul aux mains des insurgés le 15 août dernier et la prise de pouvoir des islamistes, des dizaines de milliers d'Afghans ont été évacués aux côtés d'étrangers, craignant que les talibans n'imposent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lors de leur passage éclair à la tête de l'État entre 1996 et 2001. Chaque jour, des milliers d'habitants se pressent toujours aux portes de l'aéroport de la capitale, sous contrôle des forces américaines, dans l'espoir de pouvoir également fuir. 

Parallèlement, Zabihullah Mujahid a une nouvelle fois tenté de rassurer la communauté internationale au sujet du sort réservé aux femmes afghanes, tandis que des témoignages d'Afghanes empêchées de travailler circulent déjà, et que des photos représentant des femmes sur les vitrines de magasins et salons de beauté ont été vandalisés dans la capitale. Les Afghanes employées dans l'administration pourront retravailler lorsque la sécurité sera garantie, s'est défendu le porte-parole. "Nous voulons qu'elles travaillent, mais aussi que la sécurité soit bonne" pour cela, a-t-il tenté de justifier, ajoutant qu'elles devaient rester chez elles d'ici là.

Le retrait au 31 août, "ligne rouge" à ne pas franchir

Par ailleurs, le porte-parole des insurgés a rappelé son opposition "ferme" à la poursuite des évacuations après le 31 août, date butoir d'un retrait définitif des forces américaines et étrangères d'Afghanistan, décidée par Joe Biden. Les talibans avaient déjà indiqué lundi que cette échéance constituait une "ligne rouge" et ne devait pas être retardée.

Le président américain, de son côté, a affirmé s'en tenir également à ce calendrier mardi 24 août. Joe Biden a confirmé la date butoir du 31 août pour terminer la "mission" de l'armée américaine en Afghanistan, à condition que le nouveau régime afghan n'entrave pas l'évacuation de ceux qui veulent fuir Kaboul.

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Lors d'un sommet virtuel avec ses homologues du G7, le président des États-Unis  opposé une fin de non-recevoir aux alliés de Washington, comme le Royaume-Uni et la France, qui plaidaient avec insistance pour une prolongation de la présence militaire américaine, afin de laisser plus de temps aux exfiltrations d'Afghans jugés à risque dans leur propre pays. "Nous sommes actuellement sur la voie de terminer d'ici le 31 août" cette "mission", a-t-il déclaré lors d'une allocution, tout en affirmant sa volonté d'"évacuer les gens aussi efficacement et sûrement que possible"

Mais le respect de ce délai "dépend" de la coopération des talibans pour "permettre l'accès à l'aéroport" des candidats au départ, a prévenu Joe Biden, les mettant en garde contre toute "entrave" à ces opérations difficiles. Pour justifier le maintien de la date du 31 août, il a invoqué mardi le "risque grave et croissant d'une attaque" du groupe jihadiste État islamique, qui "cherche à viser l'aéroport et attaquer les forces américaines et alliées ainsi que les civils innocents", a-t-il estimé.

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