L'hôpital français de Kaboul continue de fonctionner malgré le retour des talibans

L'hôpital français de Kaboul continue de fonctionner malgré le retour des talibans

AFGHANISTAN – Le retour des talibans au pouvoir a provoqué la fuite de nombreux médecins et le manque de matériel médical. Tant bien que mal, l’Institut médical pour la mère et l’enfant à Kaboul continue malgré tout à fonctionner et à apporter son soutien à toute la population.

C’est en périphérie de la capitale d’Afghanistan que ce centre de soins a été installé il y a quinze ans par l’ONG française La chaîne de l’espoir. L’Institut médical pour la mère et l’enfant de Kaboul est unique dans le pays et permet d’assurer une expertise médicale alors que le système sanitaire afghan reste mal en point. 

Et les patients, comme Latifa, n’hésitent pas à venir de loin. "Je viens de Mazâr-e Charîf [400 km dans le nord de l’Afghanistan, ndlr], mon petit a été heurté par une voiture. Ils ne pouvaient pas le soigner là-bas, alors je suis venue ici", explique-t-elle, assise par terre, son fils dans les bras en attendant son rendez-vous. 

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L'Afghanistan aux mains des talibans

Le personnel médical féminin, autorisé à travailler

Malgré le retour des talibans, l’établissement continue de fonctionner. Les femmes du secteur médical ont ainsi eu l’autorisation de poursuivre leur activité à l’hôpital. Un soulagement pour Dr. Bachir, directeur de l’établissement. "Sans les infirmières, sans les femmes médecins, sans les autres personnels féminins... comment fonctionnerait l’hôpital sans elles ?", s'interroge le responsable. 

Mais cette autorisation ne suffit pas à rassurer Shiva. "Sur la route, quand je viens travailler le matin, j’ai tellement peur que les talibans m’arrêtent et me fassent du mal. Parce que je ne suis pas mariée et que je n’ai plus mon père", souligne-t-elle, angoissée. 64 médecins ont également quitté le pays pour fuir l’instauration du régime. Leur absence se fait cruellement ressentir aujourd'hui, alors que près de 210 enfants sont dans l'attente d'une opération.

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L’hôpital reste cependant ouvert à tous les Afghans, sans distinction sociale ou politique. Dans un bâtiment, l’ONG La chaîne de l’espoir accueille des familles très pauvres, et même les talibans sollicitent les connaissances des médecins de l’hôpital. "On a amené deux combattants, ils ont été blessés dans les combats à Ghazni. On nous a dit qu’ici, ils seraient bien soignés, alors on est venus", assure un groupe de talibans croisés à la sortie de l’établissement. 

Cependant, le fonctionnement de ce centre hospitalier reste un défi. En Afghanistan, les médicaments, mais aussi l’électricité et l’argent liquide commencent sérieusement à manquer. 

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