Afghanistan : les talibans intensifient la traque de ceux qui ont travaillé avec les troupes de l’Otan

Il y a 20 ans, les talibans multipliaient les atrocités au nom d’une application radicale de la charia. Leur discours a évolué depuis. Ils veulent montrer un autre visage plus pacifique. Mais ces promesses sont-elles crédibles ? Ont-ils vraiment changé ?

VOLTE-FACE - Malgré leur promesse de ne pas se venger de leurs opposants, les talibans multiplient les recherches d'Afghans engagés auprès des forces américaines et de l’Otan, selon un document confidentiel des Nations unies.

Ils passent déjà au crible des "listes prioritaires" d’individus qu’ils souhaitent arrêter, et ont commencé des "visites ciblées porte-à-porte". Les talibans ont intensifié ces derniers jours leur recherche des personnes ayant travaillé avec les forces américaines et de l'Otan, affirme un document confidentiel des Nations unies consulté par l’AFP, malgré la promesse des insurgés de ne pas se lancer dans la traque de leurs opposants. 

Le rapport, daté de mercredi 18 août et rédigé par le Centre norvégien d'analyses globales, une organisation fournissant des rapports de renseignement aux agences onusiennes, affirme que les cibles les plus à risque sont les personnes qui possédaient des postes à responsabilité au sein des forces armées afghanes, de la police et des unités de renseignement.

"Ils ciblent les familles de ceux qui refusent de se rendre, et poursuivent et punissent les familles selon la charia", a déclaré à l'AFP le directeur du groupe Christian Nellemann. "Nous nous attendons à ce que les individus ayant travaillé pour les forces américaines et de l'Otan et leurs alliés, ainsi que les membres de leurs familles, soient menacés de torture et d'exécutions", a-t-il ajouté.  Ce qui "mettra davantage en péril les services de renseignement occidentaux", avance le directeur. 

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L'Afghanistan aux mains des talibans

Un nouveau réseau d'informateurs recruté

Selon le rapport, les insurgés "recrutent rapidement" de nouveaux informateurs pour collaborer avec le régime taliban et étendent leurs listes de cibles en contactant des mosquées et des courtiers.

Le document ajoute que les insurgés filtrent notamment les individus qui souhaitent accéder à l'aéroport de Kaboul, et ont mis en place des points de contrôle dans les plus grandes villes, y compris dans la capitale et à Jalalabad.

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Un coup de filet bien loin des déclarations des talibans, qui ont lancé une vaste opération de séduction médiatique depuis leur retour au pouvoir dimanche 15 août. Les insurgés se sont notamment engagés à une amnistie totale pour ceux ayant travaillé pour le gouvernement afghan élu.

Mais les Afghans, en particulier les femmes et les minorités religieuses, gardent le souvenir du brutal régime fondamentaliste qu'ils avaient instauré lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001. Les habitants étaient alors fouettés et lapidés à mort en cas d'adultère notamment. 

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