"On ne fait plus confiance aux talibans" : les Afghans veulent partir coûte que coûte

Certains Afghans risquent leur vie en restant sur place. Ils craignent plus que tout le retour aux règles moyenâgeuses imposées par les talibans.

REPORTAGE - En ce dernier jour d’évacuations, les Afghans sont encore nombreux à vouloir quitter le pays. Mais ils savent que tous ne le pourront pas. Notre envoyée spéciale, Liseron Boudoul, raconte le climat d'insécurité qui règne à Kaboul.

Dans les rues de Kaboul, on sent une peur latente. Par peur de représailles, les habitants osent de moins en moins s’exprimer sur les attaques terroristes et l’insécurité qui règne dans la capitale. Les habitants qui s’expriment encore librement se cachent. Fawad est engagé dans la défense des droits de l’homme. Il craint les actes de vengeance. "On ne fait pas du tout confiance aux talibans. Ils disent qu’il n’y aura pas de revanche mais leurs combattants tuent beaucoup de civils dans de nombreuses provinces en ce moment. On a des témoins et l’autre jour, ils ont même tué un musicien", témoigne-t-il. 

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L'Afghanistan aux mains des talibans

Cet homme veut fuir coûte que coûte son pays. Il espère être évacué comme encore des milliers d’Afghans. De leur côté, les talibans veulent arrêter les évacuations. Notre envoyée spéciale, Liseron Boudoul, a rendez-vous au ministère de l’Information, lieu de pouvoir actuel des talibans. "Nous ne voulons plus que les Afghans partent. Ils doivent rester ici dans leur pays. Il ne faut pas qu’ils aient peur. Quand notre gouvernement sera formé il y aura du travail. Les Afghans pourront vivre ici en sécurité avec leur famille", assure Ahmed Waseek, haut responsable taliban. 

Une zone protégée pour ceux qui n'auraient pas pu partir

Et quand on lui dit que la communauté internationale a des doutes légitimes, Ahmed Waseek répond : "Il vaudrait mieux que les pays étrangers viennent nous aider et investir ici en Afghanistan. Nous voulons établir de bonnes relations avec tous les pays, y compris la France". Ce discours ne rassure en rien les Afghans qui n’ont que l’idée de partir en tête. Demain, après le départ des Américains, les talibans seront seuls aux commandes du pays. 

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Pendant ce temps, les dernières évacuations se poursuivent. Dans quelques heures maintenant, le pont aérien prendra fin. La France espère créer une zone protégée en Afghanistan pour ceux qui n’auraient pas pu partir. Le principe : délimiter un secteur proche de l’aéroport pour permettre aux candidats à l’exil d’évacuer par des avions civils vers le Qatar. "C’est la dernière solution possible pour respecter ce qu’on a dit, c’est-à-dire faire sortir les Afghans qui veulent quitter l’Afghanistan", en conclut le général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, spécialiste des relations internationales. 

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