Afghanistan : sous le feu des critiques, Joe Biden tente de rassurer sur la stratégie américaine d’évacuation

Afghanistan : sous le feu des critiques, Joe Biden tente de rassurer sur la stratégie américaine d’évacuation

DÉFENSE - Le président américain, mis en cause dans la gestion du retrait des troupes américaines d’Afghanistan, a assuré ce vendredi que 18.000 personnes avaient été évacuées depuis juillet. Tout en reconnaissant ne pas pouvoir garantir "l’issue finale" de ces opérations.

"Vous connaissez ma position depuis longtemps, il est temps de mettre fin à cette guerre". Les États-Unis ne feront aucun retour en arrière, a affirmé Joe Biden, dans une conférence de presse depuis la Maison Blanche ce vendredi 19 août. Critiqué pour sa gestion de la crise afghane, en particulier des évacuations de ressortissants américains et d’Afghans, le président américain a cherché à se défendre face aux accusations, pour la seconde fois en quelques jours. 

Seuls les États-Unis sont "capables" de mener une telle opération d’évacuation, parmi les "plus difficiles de l'histoire", a-t-il affirmé. Le président américain, entouré notamment de sa vice-présidente Kamala Harris et son chef de la diplomatie Antony Blinken, a tenté de se montrer rassurant : les États-Unis ont d’ores et déjà évacué 18.000 personnes d'Afghanistan depuis le mois de juillet, dont 13.000 personnes depuis le 14 août, a-t-il déclaré. "Des milliers d'autres" ont également pu être évacuées par des vols charters privés facilités par le gouvernement américain, a-t-il affirmé.  Parmi les personnes évacuées figurent des citoyens américains, des résidents permanents, des demandeurs de visa d'immigration et des Afghans qui ont "travaillé à nos côtés", ainsi que des journalistes, selon le président. 

Toute l'info sur

L'Afghanistan aux mains des talibans

Une gestion critiquée par le camp républicain

Joe Biden est pourtant sous le feu des critiques à la suite d’images d'évacuations chaotiques à Kaboul, à la suite de la chute de la capitale aux mains des talibans dimanche 15 août. Des images représentant des civils paniqués se pressant devant les grilles d'entrées ou tentant de s'accrocher aux avions qui allaient décoller ont choqué l'opinion américaine, pourtant largement favorable au retrait des troupes jusqu'à cette semaine, tandis que l'administration Biden avait promis de son côté des évacuations fluides et organisées. 

Ses adversaires républicains fustigent notamment la gestion du retrait prévu au 31 août des troupes américaines présentes en Afghanistan, où elles combattent depuis vingt ans,  qui a précipité la chute du gouvernement afghan selon eux. "Abandonner des Américains à la mort est un manquement au devoir impardonnable, qui restera comme une infamie", avait assuré vendredi dans un communiqué l'ex-président républicain Donald Trump, demandant une nouvelle fois la "démission" de son successeur, bien qu'il ait lui-même décidé d'accélérer encore davantage le retrait des troupes. 

Même dans le camp démocrate, certains estiment que les conséquences de ce retrait n’avaient pas été suffisamment anticipées, face à l'effondrement du régime afghan en une dizaine de jours seulement.

"Tous les Américains qui veulent rentrer chez eux, nous les ramènerons chez eux"

"Soyons clairs : tous les Américains qui veulent rentrer chez eux, nous les ramènerons chez eux", a martelé Joe Biden en réponse, affirmant que les autorités américaines se mobilisaient pour garantir l'accès de leurs ressortissants à l'aéroport, avec 6000 soldats américains mobilisés aux alentours de la zone.  Les États-Unis prévoient d'évacuer en tout plus de 30.000 Américains et civils afghans via leurs bases au Koweït et au Qatar. "Nous sommes en contact avec les talibans pour faire évacuer en sécurité nos ressortissants", a-t-il également affirmé, déclarant que les talibans avaient été avertis que "toute attaque, quelle qu'elle soit, contre nos forces ou toute perturbation de nos opérations à l'aéroport sera réprimée avec force et rapidité". 

Il a également indiqué que son gouvernement travaille à l'évacuation de tous ses "alliés afghans", ayant aidé les États-Unis dans leurs opérations en Afghanistan pendant la guerre. Depuis la chute de Kaboul, de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les États-Unis et détenteurs d'un visa d'immigration spéciale (SIV) pour eux et leurs proches, s’étaient vus refuser l’accès à l'enceinte sécurisée de l’aéroport par les militaires américains.  

Les alliés des États-Unis "ne remettent pas en question notre crédibilité"

Le président américain a toutefois reconnu qu'il ne pouvait pas garantir "l'issue finale" des opérations de pont aérien à Kaboul. "Ces opérations d'évacuations représentent des risques pour nos forces armées, il y aura peut-être des pertes", a-t-il ajouté. Avant de promettre : "Mais en tant que commandant en chef, je peux vous assurer que je mobiliserai tous les moyens possibles"

Pour autant, Joe Biden a assuré bénéficier du soutien de la communauté internationale. "Je n'ai vu aucun questionnement de la part de nos alliés", a-t-il lancé, affirmant qu’ils "ne remettent pas en question notre crédibilité""On parle de l'Amérique qui dirige le monde, et tous nos alliés sont d'accord avec ça", a-t-il fait valoir. Le président américain a affirmé que les alliés de l'OTAN "étaient d'accord" avec la décision de retrait des troupes américaines : "Nous agissons ensemble et nous faisons ce que nous avons promis", a-t-il défendu, déclarant que la mission d'"en finir avec Al-Qaida et Ben Laden" avait été réussie. 

Il a par ailleurs annoncé qu'une réunion du G7 se tiendrait la semaine prochaine au sujet de la crise afghane, en indiquant que le rendez-vous avait été pris après des entretiens avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.

Lire aussi

Lundi, Joe Biden avait déjà fait une première courte intervention télévisée, défendant "fermement" sa décision de retirer les troupes américaines sur place au 31 août. "Je suis le président des États-Unis et à la fin, c'est moi qui assume", avait-il alors assuré. Deux jours plus tard, dans un entretien à la chaîne ABC, Joe Biden a estimé que le retrait américain aurait invariablement provoqué une forme de "chaos" dans le pays.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

REVIVEZ - "Danse avec les stars" la finale : c'est Tayc qui l'emporte face à Bilal Hassani !

Variant "Omicron" : "S'il y a un cas en Belgique, il y en a déjà en France"

EN DIRECT - Covid-19 : au Royaume-Uni, deux cas du variant Omicron détectés

En évoquant "l'autonomie" de la Guadeloupe, Sébastien Lecornu fait des vagues

Pass sanitaire : la validité des tests PCR réduite à 24 heures

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.