Afghanistan : un attentant revendiqué par les talibans fait 14 morts et près de 150 blessés à Kaboul

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VOITURE PIÉGÉE - Dans un contexte d'appel au boycott de l'élection présidentielle de la part des talibans, Kaboul a été la cible d'un attentat à la voiture piégée ce mercredi 7 août. Un acte revendiqué par les talibans eux-mêmes : quatorze personnes sont mortes et 145 autres ont été blessées.

Deux attentats en 24 heures. Ce mardi 6 août, un attentat a fait cinq mort et sept blessés dans un attaque visant un véhicule des services gouvernementaux de lutte contre les stupéfiants, à Kaboul, capitale de l'Afghanistan. Au lendemain de celle-ci, la ville est à nouveau endeuillée. Un nouvel attentat à la voiture piégée, revendiqué par les talibans a fait quatorze morts et 145 blessés. Il visait un commissariat de la ville. Les victimes, majoritairement des femmes et des enfants ont été transportées dans les différents hôpitaux de la ville. 

"Un véhicule rempli d'explosifs a explosé à l'entrée du commissariat de police dans l'ouest de Kaboul à 9h00 (6h30 en France)", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi. "Ce n'est pas une attaque complexe, c'est un attentat à la voiture piégée", a-t-il ajouté. "14 personnes ont été tuées et 145 blessées dans l'attentat ce matin", a déclaré lors d'une conférence de presse le vice-ministre de l'Intérieur, Khoshal Sadat. Dix des quatorze morts sont des civils, tout comme 92 des blessés, a précisé le  porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi.

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué l'attentat sur les réseaux sociaux, ajoutant qu'il avait été commis par un kamikaze. L'attaque "a été lancée contre un centre de recrutement ennemi. Des dizaines de soldats et de policiers ont été tués et blessés", a-t-il indiqué.

Ces attaques ciblées interviennent dans un contexte d'extrême tension dans le pays. Depuis plus d'un an, les talibans mènent des négociations avec les Etats-Unis et une nouvelle phase de pourparlers se déroule actuellement à Doha. Les deux parties se sont félicitées des "excellents progrès" réalisés au cours des derniers mois et espèrent signer un accord de paix bilatéral.

Si un tel accord venait à se conclure, il ouvrirait la voie à des discussions directes entre talibans et une équipe de négociation formée par le gouvernement afghan. Jusqu'à présent, les talibans ont refusé de parler avec le gouvernement afghan, qu'ils qualifient de "marionnette" de Washington. 

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Outre ces négociations pour la paix auxquelles prennent part les talibans, ces derniers font peser une menace sérieuse sur le processus électoral de l'élection présidentielle dont la tenue demeure incertaine. En effet, ils ont appelé leurs combattants à s'opposer à cette élection, en la boycottant et en se montrant menaçant. Selon l'AFP, de nombreux Afghans précisent qu'ils n'ont pas l'intention de voter, en raison des risques d'attentats et des soupçons de fraude. 

La campagne pour l'élection présidentielle a été officiellement ouverte le 28 juillet. Au même moment, 20 personnes ont trouvé la mort et 50 autres ont été blessées, lors d'une attaque contre les bureaux d'Amrullah Saleh, un colistier du président Ashraf Ghani. Ancien chef des services de renseignement afghans, connu pour ses positions hostiles aux talibans, il avait survécu à l'assaut. Les talibans estiment que "le processus électoral n'a aucune valeur" : la précédente élection a été entachée par de pesants soupçons de fraude, si bien que les Etats-Unis était intervenus en faveur d'un gouvernement d'union. 

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