"Aidez moi à rentrer" : condamnée à perpétuité en Irak pour djihadisme, Djamila Boutoutaou réclame son retour en France

"Aidez moi à rentrer" : condamnée à perpétuité en Irak pour djihadisme, Djamila Boutoutaou réclame son retour en France
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DJIHADISME - Djamila Boutoutaou a été condamnée mardi à la prison à perpétuité pour appartenance au groupe Etat islamique (EI) par la Cour pénale centrale de Bagdad. Cette Française de 28 ans, qui dit avoir été dupée par son mari, a pu accorder quelques mots à nos confrères du Parisien à l'issue du verdict.

"Pitié, aidez-moi à rentrer. C’est la seule chose que je demande. Je n’en peux plus !" Dans un court entretien accordé à nos confrères du Parisien à l’issue de son procès expéditif où elle a été condamnée à perpétuité en Irak, Djamila Boutoutaou, une djihadiste française, a appelé au secours.  

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Mardi, cette jeune mère de 28 ans a été condamnée par la Cour pénale centrale de Bagdad pour appartenance au groupe Etat islamique (EI). Elle avait plaidé avoir été dupée par son mari. "Quand je l'ai épousé, il était chanteur de rap, c'est en arrivant en Turquie que j'ai découvert que mon mari était un djihadiste", avait-elle affirmé à la cour. 

Une fois en Turquie, "où nous devions seulement passer une semaine de vacances", "mon mari a été contacté par un homme nommé al-Qourtoubi", poursuivait-elle. "Je les ai entendus parler de départ vers la Syrie et l'Irak" et ils "m'ont enfermée dans une cave avec mes enfants" Abdallah et Khadija. La jeune femme avait ensuite expliqué que son fils avait été tué dans un bombardement. 

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"Je suis une victime"

Djamila Boutoutaou, qui a décrit au journal des conditions de détention extrêmement précaires - à 130 femmes et enfants dans 30 m2 avec deux rations de riz et de ratatouille par jour -, a surtout dit craindre "qu’on (lui) enlève (sa) fille". Et de répéter que son défunt époux était l’unique responsable de son passage en Syrie puis en Irak. "Je suis une victime. Je le crie haut et fort. J’ai même été battue par mon mari car je ne voulais pas le suivre", clame-t-elle encore au Parisien

Dans un communiqué commun, ses avocats Martin Pradel et William Bourdon qui n’étaient pas présents à ses côtés lors du procès ont dénoncé les conditions de cette audience. Selon eux, leur cliente, les autorités consulaires françaises qu'elle a pu rencontrer dimanche, et eux-mêmes n'étaient pas informés de l'imminence de ce procès qui a duré une vingtaine de minutes. 

Un procès inéquitable selon ses avocats

Ils souhaitent désormais que la France "exige fermement des autorités irakiennes, dans le cadre de la procédure d'appel qui devrait s'imposer, le respect intégral des principes fondamentaux du droit au procès équitable" et qu'elle oeuvre au rapatriement de la jeune femme et de son enfant, quand sa condamnation sera définitive.

Des ressortissantes étrangères sont régulièrement condamnées à la perpétuité ou à la peine capitale en Irak pour avoir rejoint l'EI. Depuis janvier, 97 femmes ont été condamnées à mort, 185 à la prison à vie, 15 à trois ans de prison et une à un an de prison, selon une source judiciaire citée par l'AFP. La loi antiterroriste irakienne permet d'inculper des personnes qui ne sont pas impliquées dans des actions violentes mais soupçonnées d'avoir aidé l'EI. Et prévoit la peine capitale pour appartenance au groupe terroriste y compris pour les non-combattants.

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